Les saisons les plus serrées en Formule 1 depuis 2000

La saison 2023 restera dans les livres d’histoire comme celle de tous les records de domination pour Red Bull et Max Verstappen. Mais quelles sont celles qui, au contraire, ont proposé un combat épique et indécis jusqu’aux derniers instants ?

Saison 2003 : quand l’ère Schumacher aurait pu être écourtée

La période entre 2000 et 2004 est bien connue des tifosi. Durant cinq saisons consécutives, l’association Michael Schumacher – Ferrari a glané tous les titres, pilotes et constructeurs. Mais s’agissait-il pour autant d’une domination totale ? Si certaines saisons, comme 2002 et 2004, n’ont laissé aucun suspense quant au vainqueur, d’autres furent bien plus serrées, en particulier 2003.

Cette saison, un certain jeune nommé Kimi Räikkönen réalise des merveilles au volant de sa McLaren. Pour sa deuxième saison dans l’écurie, le Finlandais réalise un début d’exercice XXL, avec quatre podiums (dont une victoire) sur les quatre premiers Grands Prix. Un peu en dessous le samedi, Räikkönen remonte toujours en course : de P15 à P3 en Australie, de P7 à P1 en Malaisie, ou bien encore de P20 à P6 au Canada…

Michael Schumacher, qui sortait d’une saison exceptionnelle en 2002, connaissait des débuts plus difficiles avec seulement huit points sur les trois premiers Grands Prix. Cependant, l’Allemand relevait la tête à partir de Saint-Marin pour enchaîner trois succès de suite. Il ne quittera plus jamais les points, tandis que Räikkönen connaîtra quelques déboires avec des abandons au Nürburgring et à Hockenheim. Le titre sera acquis par Schumacher avec seulement deux points d’avance sur le jeune Finlandais, qui était tout proche de décrocher sa première couronne cette saison.

Saisons 2007 et 2008 : Ferrari et McLaren, à couper le souffle

Difficile de parler de 2007 sans mentionner la saison suivante, et vice-versa. Bien que les scénarios aient été bien différents, les protagonistes de ce duel légendaire étaient les mêmes, avec la Scuderia d’un côté et les monoplaces chromées de Woking de l’autre.

En 2007, Kimi Räikkönen et Felipe Massa sont opposés au duo alléchant Fernando Alonso – Lewis Hamilton. Problème pour McLaren : cette paire de pilote se livrera un duel à couteaux tirés qui coûtera des points précieux à l’écurie. Et si Lewis Hamilton réalise une saison de rookie XXL, le Britannique commet tout de même des erreurs majeures, comme sa sortie à Shanghai pour l’avant-dernière manche de la saison, alors que le titre lui semblait promis. Malgré 17 points d’avance sur Räikkönen à deux Grands Prix de la fin du championnat, Hamilton perdra tout et verra le Finlandais le devancer pour un point ! Ce dernier, très régulier en fin d’année, s’est employé pour réaliser une fin d’exercice stratosphérique et décrocher un titre qui semblait perdu.

Mais pour Hamilton, la revanche allait venir l’année suivante. Aligné aux côtés d’un Heikki Kovalainen moins encombrant, le futur septuple Champion du monde connaissait quelques périodes de passages à vide, comme au Canada et en France sans le moindre point marqué, mais ses rivaux ne se montraient pas plus régulier. Felipe Massa ou Ferrari enchaînaient les bourdes coûteuses, comme les innombrables tête-à-queue sous la pluie de Silverstone ou l’arrêt catastrophique à Singapour. Dans une dernière manche spectaculaire à Interlagos, Hamilton décrochait enfin son premier titre mondial : battu d’un point en 2007, il s’imposait cette fois-ci avec le même écart !

Saison 2010 : quatre prétendants pour une couronne !

Autre saison exceptionnelle, régulièrement mentionnée parmi les meilleures de l’ère moderne de la F1. Après 2009 et son chamboulement du règlement technique, les différentes équipes se présentaient en 2010 avec de meilleures armes à disposition. Red Bull, McLaren et Ferrari se proclamaient comme candidats aux titres, tandis que Mercedes, qui faisait son retour en F1 après plus de 50 ans et ramenait Michael Schumacher dans ses valises, allait tenter de jouer les trouble-fêtes.

Le début de saison était rouge avec des Ferrari en grande forme, mais McLaren n’était pas en reste avec deux succès de Jenson Button sur les quatre premières manches. Red Bull, plus discrète, s’imposait en Malaisie mais voyait Mark Webber prendre l’ascendant au premier tiers de l’année, avec deux succès de suite en Espagne et à Monaco. Pour résumer la saison : aucun véritable leader ne se dégage, tout le monde ayant des périodes de temps forts suivies par des passages à vide.

Alors que le paddock se dirige vers Abou Dhabi, quatre pilotes sont encore en lice pour décrocher le Graal, une première dans l’histoire de la F1 pour une manche de clôture. Sur le papier, Sebastian Vettel, qui n’a jamais mené le championnat, est loin d’être favori. Pourtant, l’Allemand profitera de l’erreur stratégique de Ferrari qui consistait à calquer l’arrêt de Fernando Alonso sur Mark Webber, ce qui lui offrira la victoire pendant que ses rivaux végétaient dans le ventre mou. Vettel décroche son premier titre avec quatre longueurs d’avance sur Alonso.

Saison 2012 : jamais deux sans trois

Tout comme en 2010, le début de saison 2012 est indécis… comme cela ne s’était jamais fait ! Le constat est simple : sept pilotes différents (provenant de cinq écuries) remportent les sept premières courses.

Le niveau de compétition est incroyable cette année, et il faut attendre plusieurs mois avant de voir une véritable bataille se dessiner pour le titre. Celle-ci opposera une nouvelle fois Sebastian Vettel, clair numéro un chez Red Bull, avec Fernando Alonso, d’un niveau stratosphérique au volant d’une Ferrari qui ne jouerait jamais le titre aux mains d’un pilote ne serait-ce qu’un tout petit peu moins talentueux.

Au fil de la saison, Vettel se place petit à petit dans la peau du favori, profitant du trou d’air connu par Alonso entre la Hongrie et le Japon (moyenne de 8 points par course, contre 16 pour Vettel sur la même période). Mais à Interlagos, alors que rien n’est encore joué, Vettel se retrouve à contresens dès le premier tour. Dans des conditions drastiques et alors qu’Alonso est aux avant-postes, l’Allemand réalisera une remontée parfaite et évitera les pièges pour terminer sixième. Suffisant pour dépasser Alonso au palmarès des Champions du monde, le tout pour quatre petits points.

Saison 2016 : le combat fratricide chez Mercedes

Nous n’avons pas encore mentionné de duels entre coéquipiers, mais 2016 se démarque dans cette liste de par ce point. Entre 2014 et 2020, Mercedes ne laisse que des miettes à ses adversaires et empoche tous les titres, pilotes et constructeurs. Et si les années Valtteri Bottas ont vu un Lewis Hamilton tranquille sur son trône, les saisons précédentes, avec Nico Rosberg de l’autre côté du garage, étaient d’un autre calibre.

Après deux tentatives ratées dans la course au titre contre son coéquipier, Rosberg bénéficie d’un début de saison cauchemardesque du Britannique pour prendre de l’avance. Ce dernier subit la malchance, comme en Chine avec un départ du fond de la grille et un contact dès le premier virage, et après cinq courses, Hamilton ne s’est toujours pas imposé. Pire encore : il possède déjà 43 points de retard sur son coéquipier, après le double abandon des Flèches d’argent à Barcelone.

Bien que tardivement, Hamilton lancera enfin sa saison à Monaco, puis enchaînera avec cinq victoires sur les six courses suivantes. Dans une monoplace à des années lumières du reste du plateau, Rosberg se contente de gérer, avec quelques fulgurances (victoire à Bakou, enchaînement de succès à Spa, Monza puis Singapour) mais aussi des coups de folie, comme sa manœuvre en Autriche qui lui coûte des points précieux en tentant de gêner son rival. Alors que Hamilton semble avoir pris le dessus psychologiquement, le Britannique abandonne sur casse moteur à Sepang et est contraint à l’exploit.

Par la suite, Rosberg se contentera de s’imposer au Japon, avant d’assurer les deuxièmes places sur les quatre dernières courses. Si Hamilton empile les succès, ceux-ci ne seront pas suffisants pour prendre les devants. Dans une manche finale irrespirable à Yas Marina, Rosberg est sacré Champion du monde et accomplit l’objectif d’une vie en devançant son ancien ami, le tout pour cinq petits points.

Saison 2021 : duel de légendes entre Lewis Hamilton et Max Verstappen

La saison 2021 est encore dans toutes les têtes. Pour la première fois dans l’ère hybride, Mercedes est sérieusement challengée sur l’ensemble de la saison. Et malgré les tentatives vaines de Ferrari en 2017 et 2018, cette fois, le titre pilote allait échapper à Lewis Hamilton.

Dès les essais hivernaux, Mercedes est en retrait. Tout le monde pense que l’écurie cache son jeu, comme elle sait si bien le faire, mais le début de saison prouve que Red Bull est bel et bien dans le rythme. Avec un Max Verstappen déjà au sommet de son art, les deux pilotes se partagent les victoires jusqu’au Grand Prix d’Azerbaïdjan, où les deux abandonnent.

La saison peut se décomposer en plusieurs parties, avec un pic de forme de Verstappen entre la France et l’Autriche, tandis que Hamilton profitera de son nouveau moteur pour dominer la fin de saison. Le Néerlandais perdra des points à cause de coups du sort (comme en Hongrie) et se fera remarquer par sa conduite très agressive (Imola, Monza, Interlagos…), mais tout ce qui compte est cette dernière manche où les deux prétendants au titre débarquent avec le même nombre de points.

Encore aujourd’hui, il est regrettable que ce championnat se soit décidé sur des faits de course contestés, en témoignera le rapport de la FIA sur les erreurs commises par la direction de course à Abou Dhabi. Si Verstappen s’imposera avec huit points d’avance sur son ennemi, il est nécessaire de saluer le mano a mano prodigieux proposé par ces deux légendes. Sans aucun doute la meilleure saison récente en F1.

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