Les transferts les plus marquants de la Formule 1

Alors que le monde du football a vécu un tremblement de terre avec l’arrivée de Lionel Messi au Paris Saint-Germain, la Formule 1 n’a pas de quoi être jalouse. Comme en football, la catégorie reine du sport automobile a aussi connu de gros transferts, qui se sont avérés plus ou moins brillants, mais aussi de grosses surprises. En voici cinq.

#5 | 2007 : Kimi Räikkönen, de McLaren à Ferrari

Nous sommes au milieu des années 2000. Fernando Alonso sort de deux campagnes victorieuses et Kimi Räikkönen doit encore se contenter de deux titres de vice-champion. Pour la saison 2007, Ferrari pense à lui pour remplacer Michael Schumacher, qui part à la retraite. Renault est aussi sur le marché pour pallier le départ d’Alonso chez McLaren.

Justement, l’écurie britannique veut le prolonger pour un line-up de rêve avec le champion et son dauphin de 2005. Mais le Finlandais prend son temps. L’officialisation tarde alors que ce n’est plus qu’un secret de polichinelle : il choisit finalement Ferrari. Mais que l’attente fut longue pour lancer enfin le mercato pour la saison 2007. D’autant qu’il révèlera, en 2019, que son contrat avait été signé dès 2005. Un choix payant, puisque Räikkönen remportait son premier et unique titre de champion du monde, pendant que son rival espagnol se cassait les dents face à un rookie bien plus rapide que prévu, nommé Lewis Hamilton. Le Finlandais était vengé.

 
#4 | 1993 : le retour d’Alain Prost

Alain Prost, alors triple champion du monde, qui rejoint l’écurie championne du monde des constructeurs : cela ressemble au coup de l’année. En réalité si l’on revient au contexte de l’époque, le mariage est de raison. Nigel Mansell annonçait sa retraite quelques semaines plus tôt, et l’écurie britannique cherche à le remplacer. De son côté, Alain Prost est viré de chez Ferrari à la fin de la saison 1991 pour avoir critiqué son écurie. « Un bon chauffeur de camion avec des gros bras aurait pu faire pareil », témoignait Prost en parlant de la maniabilité de sa monoplace.

Pendant un an, le Français s’éloigne des circuits pour mieux préparer son retour, puisqu’il parvient à négocier son contrat avec Williams. Des échanges longs, puisqu’une clause demande notamment de ne pas recruter son grand rival Ayrton Senna comme coéquipier. Là encore, l’arrivée doit être imminente. Mais depuis la touche, le Français a trop critiqué le pouvoir sportif de la F1. À quatre jours du premier Grand Prix en Afrique du Sud, il n’a toujours pas son permis pour pouvoir courir. De peur de voir plusieurs pilotes s’élever contre la FISA, aucune sanction ne sera finalement prise. Le duo Prost-Williams empochera 7 victoires sur les 16 courses de la saison, avec 13 pole positions. Senna le remplacera en 1994 dans un autre transfert marquant, mais malheureusement tragique.

#3 | 1954 : Juan Manuel Fangio, de Maserati à Mercedes

Champion du monde en 1951, pilote rapide et metteur au point brillant, Juan Manuel Fangio ne peut rien contre les Italiens de Ferrari et Alberto Ascari en 1952 et 1953. Cela n’empêche pas Mercedes, qui souhaite s’aligner dans l’élite du sport automobile, de contacter l’Argentin. Le pilote est séduit par le projet (Mercedes souhaite faire courir une monoplace au châssis complètement différent), mais la monoplace ne pourra être prête avant le Grand Prix de France. Fangio démarre alors la saison avec Maserati, et empoche deux victoires qui le placent dans la lutte pour le titre.

Dès sa première course, qui est donc la quatrième épreuve du championnat du monde, Fangio et son coéquipier Karl Kling surclassent la concurrence, reléguant à un tour tous les autres concurrents. Ce nouveau partenariat va permettre à Fangio de remporter le titre en 1954 et en 1955. Un pari risqué mais très payant, qui n’est pas sans rappeler l’arrivée tout aussi dangereuse d’Hamilton en 2013 dans la même écurie, avec les résultats que l’on connaît désormais.


Lire aussi : Juan Manuel Fangio, la première étoile de la Formule 1


#2 | 1982 : le retour de Niki Lauda

Pour parler du transfert de Lauda chez McLaren, il faut remonter en 1976. Lui et sa Ferrari mènent une lutte sans merci contre la McLaren de James Hunt. Une bataille qui sera relancée en 1977, cette fois à l’avantage de l’Autrichien, dans une très mauvaise ambiance chez son écurie Ferrari. Après deux saisons chez Brabham avec seulement deux victoires, il prend sa retraite. On ne pense pas revoir Lauda dans une voiture, si ce n’est pour quelques essais. L’Autrichien se dit « lassé » par la Formule 1.

Pendant trois ans, il va gérer sa compagnie aérienne : Lauda Air. En 1981, il est recruté par la télévision nationale pour commenter des courses. Il se dit alors qu’il peut peut-être espérer reprendre la compétition un jour. Et dès l’été 1981, Niki Lauda prépare son retour. McLaren prend le risque de le recruter alors qu’il ne semble guère être prêt physiquement. Les critiques sont nombreuses et le doute est permis : quelque soit le talent d’un pilote, il n’est jamais simple de se rassoir dans un baquet après une pause de plusieurs années.

Niki Lauda reprenait du service chez McLaren. Avec un titre et une aide importante pour le développement d'une monoplace imbattable, ce transfert a valu de l'or.
Peu importe les blessures et la parenthèse dans sa carrière : Niki Lauda n’a jamais perdu son envie de vaincre (©McLaren)

Après de nombreux essais à Donington Park, Ron Dennis, directeur de McLaren, en est persuadé : Niki Lauda aura le niveau. L’Autrichien le prouve au monde entier en remportant la troisième manche du championnat, à Long Beach. Si sa saison 1983 est plus discrète, il remportera son dernier championnat du monde en 1984. Mais surtout, il contribuera grandement à la mise au point de la voiture qui glanera sept championnats constructeurs en huit saisons jusqu’en 1991. Un transfert qui valait de l’or pour l’écurie de Woking.

#1 | 1976 : Fittipaldi, de McLaren à sa propre écurie

Le transfert le plus surprenant de l’histoire de la Formule 1 est peut-être celui d’Emerson Fittipaldi à la fin de la saison 1975. Pilote brillant aussi bien en course que dans la mise au point de sa voiture, il glane deux titres de champion du monde en 1972 (sur Lotus) et 1974 (sur McLaren). Il est LE pilote des années 70, puisqu’il décroche aussi deux fois le titre de vice-champion en 1973 et 1975. Si son premier transfert de Lotus à McLaren s’avère brillant (pour 1974), le deuxième sera un cauchemar.

Ce transfert est souvent cité comme l’un des pires de l’histoire de la Formule 1. En 1976, alors que tout le paddock veut s’arracher les services du top pilote, celui-ci fait le choix du cœur et remplace son frère Wilson, au volant de la Copersucar, à la stupéfaction générale. Dirigée par la fratrie Fittipaldi, l’écurie ne montera sur le podium que trois fois en cinq ans. Emerson n’aura pour meilleur résultat qu’une dixième place au championnat du monde, en 1978.

Il tentera un ultime retour, mais plus aucune écurie ne recrutera le Brésilien : une nouvelle génération arrive et elle est composée de Prost, Senna, Piquet et Mansell. Emerson Fittipaldi remportera quand même deux fois les 500 Miles d’Indianapolis, en 1989 et 1993. Signe que le pilote avait le potentiel d’aller chercher d’autres couronnes.

Auraient pu être cités : Stewart chez Tyrrell-March en 1970, Andretti chez Lotus en 1976, Prost chez McLaren en 1983, Senna chez McLaren en 1988, Mansell chez Williams en 1991, Schumacher chez Ferrari en 1996, Damon Hill chez Arrows en 1996, Hamilton et Alonso chez McLaren en 2007, le retour de Schumacher chez Mercedes en 2010, Alonso chez Ferrari en 2010, Vettel chez Ferrari en 2015, Alonso chez McLaren en 2015, Verstappen chez Red Bull en 2016.

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