Max Verstappen déjà champion à Singapour ?

Après deux années d’absence suite à la pandémie de Covid-19, la Formule 1 signe son grand retour dans la cité-État asiatique. À Singapour, l’étau se resserre et les enjeux se concentrent autour d’un seul homme, Max Verstappen, qui peut être sacré double Champion du monde, à cinq Grands Prix de la fin de saison. Zoom sur les enjeux du Grand Prix de Singapour.

Max Verstappen sur le podium du Grand Prix de Singapour 2019.
Max Verstappen à la première place à Singapour ? (©F1Only)

Un sacre à Singapour ?

Et si Singapour faisait place au sacre de Max Verstappen ? À six Grands Prix de la fin de saison, le Néerlandais, premier au classement général, compte 116 points d’avance sur son rival Charles Leclerc. Bien sûr, plusieurs conditions doivent être réunies s’il veut s’octroyer la couronne dès dimanche :

  • qu’il gagne et obtienne le point bonus du meilleur tour pour marquer 26 points, Charles Leclerc terminant au mieux huitième et Sergio Pérez quatrième ;
  • qu’il gagne sans le point bonus et que Leclerc termine au mieux neuvième ;
  • qu’il gagne et que Leclerc, auteur du meilleur tour en course, termine au mieux dixième.

Que Max Verstappen gagne, cela semble jusque la cohérent et possible. En revanche, il apparait peu probable qu’un de ces trois scénarios se réalise, dans la mesure où même si Charles Leclerc ferait face un problème moteur dans les températures élevées de Singapour, Sergio Pérez serait toujours dans la bataille.

Au mieux, cela repoussera le (très probable) couronnement de Verstappen et rallongera le semblant de suspense pour les téléspectateurs. Néanmoins, il ne faut pas sous-estimer la performance des Ferrari, qui se sont pas en peine ici puisqu’elles y ont déjà brillé en 2019. La mission sera simple : donner du fil à retordre à l’homme en forme de 2022.

Qui sera en force sur le dernier Grand Prix urbain de la saison ?

Charles Leclerc durant son tour de pole lors des qualifications du Grand Prix de Singapour 2019.
Charles Leclerc, dernier poleman à Singapour en 2019 (©Ferrari Press Office)

En reconduisant son contrat jusqu’en 2028 pour recevoir la Formule 1, Singapour a assuré sa place au calendrier sur le long terme. La manche singapourienne est l’une des plus complexes et demande une préparation spéciale. Qu’il s’agisse de son nombre de virages (23 véritables courbes, le plus haut total derrière Djeddah – 27 – qui comptabilise des lignes droites dans le total), du taux d’humidité ou des quasi deux heures d’épreuves : Singapour fait peur.

Si nous reprenons les conditions précédemment citées quant au couronnement de Max Verstappen, c’est justement face à ses deux rivaux Charles Leclerc et Sergio Pérez que le Batave aura du fil à retordre, puisque les deux pilotes sont les virtuoses des circuits urbains et l’ont prouvé à plusieurs reprises cette saison. Son coéquipier a remporté le Grand Prix de Monaco et a signé une pole inédite entre les murs de Djeddah, tandis que Charles Leclerc a signé plusieurs meilleurs temps le samedi à Bakou et Monaco, et a décroché la dernière pole position à Singapour en 2019. De plus, un nouveau fond plat pourrait aider les Ferrari à s’extirper du peloton à Marina Bay.

Max Verstappen reste sur sa faim à Singapour, puisqu’il a au mieux terminé à la troisième position en 2019, derrière les Ferrari. Ce tracé, oscillant entre grandes lignes droites et virages serrés, ressemble à un mélange de Bakou et Monaco et offre quelques possibilités de dépassements. Néanmoins, attention à ne pas être trop gourmand, puisqu’il est très probable de voir des manœuvres périlleuses se finir dans les murs, d’autant que les zones de dégagement sont rares. D’ailleurs, chaque édition a vu la sortie de la voiture de sécurité, pour un total de 20 interventions en 12 Grands Prix !

Mercedes : six Grands Prix pour décrocher une victoire

George Russell célèbre sa pole position au Grand Prix de Hongrie 2022 à Budapest.
Le palmarès de Mercedes en 2022 se résume à une pole obtenue par George Russell en Hongrie (©Motorsport Images)

Après Monza, les dés sont jetés pour Lewis Hamilton. Le titre est aujourd’hui hors de portée du Britannique, lui qui compte 167 points de retard sur Max Verstappen. Pourtant, tout n’est pas perdu pour l’écurie de Brackley et ses pilotes.

D’abord, du côté des constructeurs. Mercedes est toujours en lice pour aller chercher la deuxième place au championnat face à Ferrari, sur lequel elle compte un léger retard de 35 points. Comme mentionné ci-dessus, le Cheval cabré a souvent été sujet aux problèmes de fiabilité, et Singapour poussera les machines dans leurs derniers retranchements. C’est justement dans le domaine de la fiabilité que Mercedes excelle. Alors, si le nom des vainqueurs des deux championnats est pratiquement connu, derrière, une place et ses quelques millions de dollars supplémentaires pourraient se jouer sur un moteur qui tombe en panne.

Surtout, les hommes de Toto Wolff sont en quête de leur première victoire. Lewis Hamilton pour sa 104e, et George Russell pour sa première. Si récemment encore, on entendait des pilotes positifs quand à la certitude qu’ils obtiendraient une victoire cette année, les courses sont de moins en moins nombreuses. Mais à Silverstone et Zandvoort, Lewis Hamilton n’était pas loin de signer cette victoire. Et si, dans la nuit singapourienne, la chaleur et les problèmes de fiabilité des concurrents propulsaient Mercedes en haut du podium ?

Des contrats qui peuvent affecter le pilotage

Qui prendra la place de Fernando Alonso chez Alpine en 2023 ?
Qui pour remplacer Fernando Alonso chez Alpine ? (©Motorsport Images)

Et si Nyck de Vries était confirmé à Singapour pour piloter la Williams à la place de Nicholas Latifi, remercié plus tôt la semaine passée ? La non reconduction du contrat entre le Canadien et Williams semblait évidente depuis le début de la saison. Fortement touché par son accident dans les derniers tours du Grand Prix d’Abou Dhabi 2021 et des réactions qui ont suivi sur les réseaux sociaux, Nicholas Latifi a affiché un niveau encore moins satisfaisant et a souvent manqué de belles occasions d’aller scorer quelques points pour son écurie. À ce manque de performance, il faut ajouter de nombreuses erreurs et les comparaisons avec ses coéquipiers, Alex Albon, sur la touche en 2021, et Nyck de Vries, remplaçant pour le Grand Prix d’Italie, qui a réussi l’exploit de finir neuvième et donc d’offrir deux points supplémentaires à Williams. La décision de l’écurie a certainement été appuyée par la performance du Néerlandais à Monza. Cette décision pourrait-elle avoir l’effet d’un électrochoc ?

Scénario totalement différent pour Guanyu Zhou, qui a vu son contrat être renouvelé en début de semaine. Même si le Chinois possède un retard important au niveau des points face à son coéquipier (6 contre 46 pour Valtteri Bottas), le numéro 24 a tout de même battu son partenaire à plusieurs reprises lors des qualifications, et au vu des derniers Grands Prix, ce dernier apparait même plus solide qu’un Valtteri Bottas en manque de performance et de chance. Sa reconduction va-t-elle lui permettre de passer un palier supplémentaire ?

Et quid d’Alpine ? Mick Schumacher, Pierre Gasly, Daniel Ricciardo, Jack Doohan et désormais Antonio Giovinazzi : l’un de ces pilotes devrait être le coéquipier d’Esteban Ocon pour la saison 2023. Mais contrairement aux autres écuries ayant un baquet libre, Alpine est une écurie compétitive, en lice pour aller décrocher la quatrième place au championnat des constructeurs, faisant de son volant une place de choix pour les pilotes qui gravitent autour. Un doute qui peut peser sur les différents candidats, à l’approche d’une manche périlleuse et décisive…

Vettel, seul maître de Singapour

Sebastian Vettel célèbre son dernier succès en F1, après le Grand Prix de Singapour 2019.
Sebastian Vettel, quintuple vainqueur à Singapour (©F1)

Si tous les regards seront tournés sur Max Verstappen, éventuel double Champion du monde à Singapour, d’autres se poseront sur le véritable maître des lieux de Singapour, Sebastian Vettel, quintuple vainqueur sur ce circuit ô combien difficile. L’Allemand, qui a annoncé sa retraite à la fin du mois de juillet, a suscité une vague d’effervescence, de remerciements et de reconnaissance de la part de l’ensemble du paddock, démontrant à la fois tout son talent et la marque qu’il laisse à la Formule 1.

À Singapour, et malgré une voiture peu compétitive, tentera de scorer quelques points, certainement les derniers de sa carrière, afin de rendre un ultime hommage à ce circuit qu’il apprécie tant. Vainqueur en 2011, 2012 et 2013 avec Red Bull, puis en 2015 et 2019 avec Ferrari, l’Allemand détient le plus grand nombre de victoires sur ce circuit, devant les quatre de Lewis Hamilton. Vettel devra cependant exceller samedi lors des qualifications s’il souhaite décrocher un beau résultat le dimanche, Marina Bay faisant la part belle à ceux qui brillent le samedi. Mais sur ce circuit, l’Allemand nous a habitué au meilleur. Après un week-end raté à Monza devant des tifosi qui l’attendaient au tournant, le futur néo-retraité ne doit pas se manquer.

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