Dimension parallèle : et si Piquet avait refusé le crashgate ?

En 2008, outre le premier titre de Lewis Hamilton, la saison est marquée par le scandale du crashgate. Et si Piquet avait refusé ? Briatore, qui a conduit Schumacher et Alonso à leur premier titre, serait-il resté ? Renault, alors en berne, serait-elle revenue aux avant-postes ? Dans ce troisième épisode de « Dimension parallèle » nous vous proposons deux scénarios différents.

Nelsinho Piquet et Renault à Singapour 2008 en Formule1. Le crashgate lancé par Flavio Briatore et Pat Symonds pour donner la victoire à Fernando Alonso.
Si Piquet avait refusé de s’envoyer dans le mur, l’histoire de Renault aurait pu être tout autre tant elle commençait à remonter la pente (©Motorsport Images)

Le crashgate, c’est quoi ?

Nous sommes à Singapour pour le tout premier Grand Prix de l’Histoire de la F1 de nuit, sur ce nouveau circuit. Dans sa Renault, Nelsinho Piquet se crashe volontairement pour faire sortir la voiture de sécurité et avantager Fernando Alonso, qui finit par remporter sa première course dans une saison où Renault était en méforme. Un an après, la stratégie est révélée au grand jour. Renault perd notamment son directeur sportif, Flavio Briatore, mais aussi la majorité des sponsors. Par son nom propre, l’écurie française ne reviendra qu’en 2016.

Pour un résumé dans les moindres détails, retrouvez le dernier épisode de notre série Podcast One ci-dessous.

Piquet refuse, Grosjean débarque

Si Nelsinho Piquet a accepté la proposition de se crasher, c’est aussi pour sauver son baquet. Loin du rythme d’Alonso, victime de trop nombreuses erreurs, Renault ne veut plus continuer avec le jeune Brésilien. Contre toute attente, après le Grand Prix de Singapour, il est pourtant prolongé. Mais imaginons qu’il refuse. Renault met sa menace à exécution et renvoie Nelsinho Piquet pour son pilote de réserve, Romain Grosjean.

S’il commet quelques erreurs, le jeune Français a un bien meilleur rythme que Piquet et se rapproche peu à peu de Fernando Alonso. L’année suivante, Romain marque plusieurs points et permet à l’écurie française de se classer cinquième grâce à une meilleure évolution que Toyota dans l’année – car plus de moyens, ingénieurs et sponsors étant restés – derrière les intouchables Brawn, Red Bull, McLaren et Ferrari. Mais avec leur moteur, c’est de bon augure pour la suite.

Renault aux avant-postes ?

Cela n’aurait tout de même pas empêché Fernando Alonso de rejoindre Ferrari. Romain Grosjean est confirmé aux côtés de Robert Kubica. Vitaly Petrov, un temps évoqué pour compenser quelques manques financiers, n’est finalement pas « jugé nécessaire ». En 2010, Kubica fait office de surprise en ce début de saison au milieu d’une lutte entre Ferrari, McLaren et Red Bull. Ces derniers bénéficient aussi du moteur Renault.

Nelsinho Piquet et Renault en 2008 en Formule1.
Nelsinho Piquet a marqué Renault, malgré ses performances (Commons)

Avec davantage de moyens, Renault s’améliore et permet à Kubica de s’imposer pour la deuxième fois de sa carrière, et d’être encore mathématiquement en lice pour le titre en fin de saison. Cette Renault est pleine de promesses. L’écurie d’usine attire les grands ingénieurs de chez Red Bull. Au fur et à mesure, elle prend la place de l’écurie autrichienne et joue le titre en 2011, 2012 et 2013, la combinaison moteur – châssis étant au-dessus de la mêlée. Kubica blessé, c’est Grosjean et Kimi Räikkönnen qui prennent les devants, avant de rater la transition des moteurs V6 en 2014. En conférence de presse, après le deuxième titre de Kimi en 2013, ressort la question de « la rumeur de Singapour ». Elle est de nouveau balayée par toute la direction Renault.

Piquet accepte, le scandale reste caché… peu de temps

Un autre scénario possible est celui où Alonso remporte bien la course en 2008 après un crash volontaire de Piquet. Celui-ci accepte, se fait quand même licencier l’année suivante, non sans une clause de confidentialité et sa prime qui va avec. Nelsinho Piquet cache le scandale. L’année 2010 est donc meilleure que prévue. Kubica joue les victoires.

Mais alors que Renault fait trembler les équipes comme Ferrari, Red Bull ou McLaren, la victoire d’Alonso à Singapour en 2008 ressurgit et met à mal le nouveau pilote Ferrari, leader au championnat à quelques courses de la fin en 2010. Piquet en profite pour parler, et craque : oui, l’accident a bien eu lieu.

Nelsinho Piquet et Renault à Singapour 2008 en Formule1. Le crashgate lancé par Flavio Briatore et Pat Symonds pour donner la victoire à Fernando Alonso.
Dans le microcosme de la Formule 1, le crashgate aurait pu difficilement se cacher (©Motorsport Images)

L’enquête se poursuit et c’est à l’aube de la saison 2011 que la filouterie est avérée. Chez Ferrari, Alonso perd de sa superbe, même s’il martèle qu’il n’était au courant de rien. Il perd complètement pied à partir de 2011 et est remercié fin 2012. Quant à Renault, ils ne seront pas rachetés par Genii Capital et Gerard Lopez, ce dernier cherchant alors une autre équipe. Romain Grosjean coulera avec son équipe, dénudée de ses sponsors. Elle mettra plusieurs saison avant de se relever, à la fin des années 2010, sous le nom d’Alpine.

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