Pourquoi le paddock de la Formule 1 parle-t-il aussi bien français ?

Vous vous êtes peut-être déjà posé la question en écoutant des interviews avant ou après les courses : pourquoi tant de personnalités du paddock parlent-elles si bien français ? Voici plusieurs explications.

Après l'anglais, c'est le français qui est le plus parlé parmi les pilotes de Formule 1.
Le Français est la deuxième langue maternelle la plus présente parmi les pilotes (©DR)

Le français est leur langue maternelle

La réponse paraît simple, et presque bête, mais le français est la deuxième langue maternelle du paddock. Outre les deux Normands Esteban Ocon et Pierre Gasly, Charles Leclerc maîtrise parfaitement la langue de Molière, puisqu’elle est bien évidemment la langue officielle de Monaco. S’il est moins à l’aise avec le français, Lance Stroll le parle également : le pilote Aston Martin est né à Montréal, dans la province du Québec, où le français est la langue officielle. Ce dernier préfère toutefois répondre en anglais, lui qui a grandi dans un environnement à la fois prestigieux et multiculturel (dû aux postes importants occupés par ses parents), où l’anglais était principalement utilisé.

Du côté des directeurs d’écurie, même constat pour Laurent Rossi (né en Corse) et Fred Vasseur (en région parisienne). Les murets des stands connaissent également des responsables nés ailleurs, mais qui maîtrisent parfaitement la langue latine. Mike Krack, arrivé chez Aston Martin pour remplacer Otmar Szafnauer, est luxembourgeois et s’exprime parfaitement en français. Chez Ferrari, bien que l’italien soit la langue de base au sein de l’écurie, Mattia Binotto peut répondre aux questions en français : l’ingénieur est né et a étudié à Lausanne, en Suisse. La ville est située dans le canton de Vaud, où le français est la langue officielle.

La France, une usine de talents

D’ailleurs, les directeurs d’écurie ne sont pas les seuls sur les murets des stands à parler français. L’Hexagone possède certaines des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs au monde, et propulse ainsi ses meilleurs éléments vers le paddock le plus attractif de la planète. Si l’on reste chez Ferrari, Laurent Mekies est le plus connu de tous : né à Tours, il est directeur adjoint et des courses, et remplace Binotto lors de ses absences.

Pierre Gasly et Pierre Hamelin peuvent discuter en français… mais pas durant les sessions ! (©Motorsport Images)

L’autre écurie italienne de la grille place un autre stratégiste français, ou plutôt une stratégiste : c’est Carine Cridelich qui occupe ce rôle primordial. Elle n’est d’ailleurs pas la seule francophone à officier au sein de la « petite Scuderia » : Pierre Hamelin, ingénieur de course, accompagne Pierre Gasly dans son casque avec sa voix. Guillaume Dezoteux occupe également un poste majeur chez AlphaTauri, en étant responsable de la performance.

Le saviez-vous ?

Pierre Gasly et Pierre Hamelin ne communiquent pas en français à la radio durant les sessions, car leurs messages sont écoutés par toute l’équipe, qui ne parle pas forcément français.

En parlant des ingénieurs de course, Julien Simon-Chautemps, aujourd’hui consultant chez Canal+, a accompagné Marcus Ericsson et Kimi Räikkönen chez Sauber / Alfa Romeo. Le Français avait débuté dès 2007 chez Toyota aux côtés de Jarno Trulli, avant de rejoindre Lotus. Depuis 2020, la France peut également compter sur Gaëtan Jego, ingénieur de course de Nicholas Latifi chez Williams.


Lire aussi : Entretien avec Gaëtan Jego, ingénieur de course de Nicholas Latifi


Ne pas oublier les écuries et les instances dirigeantes

Si le français est parlé dans le paddock, c’est également grâce à Alpine. Des responsables aux mécaniciens présents lors des arrêts, les francophones sont nombreux dans l’écurie (bien que l’anglais soit parlé, dans un souci de compréhension pour la totalité des membres). Le constat est le même chez DAMS (Formule 2) et ART Grand Prix (Formule 2 et Formule 3), deux écuries françaises qui rassemblent des dizaines d’ingénieurs.

N’oublions pas non plus les têtes pensantes des sports mécaniques. Si Jean Todt a cédé sa place de président de la FIA, d’autres Français possèdent des postes très importants dans les sphères dirigeantes. Le PDG des deux formules de promotion du paddock (F2 et F3) est Bruno Michel. Alexa Quintin n’est pas bien éloignée, puisqu’elle est la responsable communication et média. Bref, mieux vaut parler français quand on évolue dans l’antichambre de la Formule 1 !

Bruno Michel est le directeur des championnats de Formule 2 et Formule 3.
Bruno Michel dirige les championnats de F2 et F3 (©FIA)

Et les autres pilotes ?

Pourtant, d’autres pilotes parlent (plus ou moins bien) français, sans répondre aux explications citées ci-dessus. Certains ont fait l’effort d’apprendre la langue lors d’un passage chez Renault, comme Fernando Alonso. L’Espagnol, qui a remporté ses deux titres de Champion du monde avec le Losange, comprend parfaitement le français, même s’il tend à répondre en anglais pour éviter toute confusion.

Autre pilote très à l’aise avec la langue de Molière mais qui se sent mieux avec l’anglais : Mick Schumacher. Né en Suisse (à Vufflens-le-Château précisément), le pilote Haas a effectué sa scolarité en français, sa ville d’origine étant également située dans le canton de Vaud. Chez les retraités, Nico Rosberg parlait aussi bien français qu’allemand. Tout comme Schumacher, le Champion du monde 2016 a grandi dans un environnement francophone, à Monaco. Son voisin Daniil Kvyat, qui a quitté la F1 en 2020, s’est aussi adonné à l’apprentissage du dialecte local.

Monaco, soit la ville de résidence de nombreux pilotes et autres personnalités en activité dans le paddock. Parmi tout ce petit monde, Toto Wolff, patron de l’écurie Mercedes, est sans doute celui qui parle le mieux français. Et pour cause : l’Autrichien a étudié au prestigieux lycée français de Vienne. Sa maîtrise de la langue date donc de bien avant son arrivée dans les sports mécaniques. Dans la même écurie, le stratège James Vowles (du fameux « Valtteri, it’s James… »), a suivi un parcours similaire à Binotto : après cinq années d’études à Genève, le Britannique est parfaitement bilingue.

Concernant le reste des pilotes, nous pourrions presque être étonnés qu’ils ne soient pas plus nombreux à parler français ! En effet, nombreux sont les pilotes qui vivent sur le Rocher mais n’ont pas fait l’effort de perfectionner la langue locale. Outre Charles Leclerc (natif du micro-État), Lewis Hamilton, Valtteri Bottas, Max Verstappen, Daniel Ricciardo, Alex Albon, Sergio Pérez et Lando Norris sont les pilotes actuels qui vivent à Monaco. Parmi eux, si certains comprennent la langue et la parlent très légèrement, dire qu’ils la maîtrisent serait un peu exagéré. Allez messieurs, un petit effort !

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