Ferrari doit-elle avoir peur avant le Grand Prix de France ?

Depuis l’arrivée de la Formule 1 en Europe, Ferrari a montré des signes inquiétants sous les chaleurs élevées. La Scuderia doit-elle s’inquiéter avant ce Grand Prix de France 2022 ? Voici les enjeux du week-end.

Carlos Sainz dans sa Ferrari en feu après sa panne moteur au Grand Prix d'Autriche 2022 de Formule 1.
Le moteur de Carlos Sainz n’a pas apprécié son passage en Autriche. Une image spectaculaire, heureusement sans blessure pour Sainz (©DR)

Une Scuderia qui craint la chaleur

Après deux sorties réussies en Grande-Bretagne et en Autriche (du moins, en termes de rythme affiché), Ferrari débarque en France dans la peau du favori. La Scuderia avait d’ailleurs prévu d’apporter un premier ensemble d’évolutions majeures pour le Castellet, mais des retards dans la conception (et surtout le manque de fiabilité en course) rendent moins évidente la mise en service de nouvelles pièces.

Car ces pannes à répétition donnent des sueurs froides à Ferrari. Charles Leclerc a perdu très gros sous la chaleur de Barcelone et de Bakou, alors que Carlos Sainz a vu son moteur partir en fumée en Autriche, lui qui aurait pu permettre au Cheval cabré de signer un doublé facile. Quoiqu’il en soit, toutes les écuries souffriront de la chaleur au Castellet, qui pourrait bien voir les pilotes passer par les stands à deux reprises le dimanche. De quoi se tromper sur la stratégie à déployer ? L’exécution fut parfaite à Spielberg, mais ces dernières saisons, Ferrari n’a jamais semblé aussi fébrile que lorsque la victoire lui tendait les bras. Bref, les hommes de Mattia Binotto débarquent en France avec beaucoup de points d’interrogations. Et au vu de l’écart avec Max Verstappen, tout autre résultat qu’un succès sera mauvais pour les Rouges. La mission s’annonce déjà compliquée pour Carlos Sainz, qui pourrait partir de derrière avec un quatrième moteur.

Des Mercedes enfin à la lutte ?

Il est l’homme en forme du moment : après un début de saison poussif passé dans les échappements de son coéquipier, Lewis Hamilton a repris du poil de la bête. Le Britannique est d’ailleurs sur une série de trois Grands Prix sur le podium, une première en 2022. Si ces résultats ont notamment été rendus possible grâce aux abandons des écuries de pointe, il ne faut pas mettre de côté le regain de performance observé chez Mercedes.

Lewis Hamilton, troisième du Grand Prix d'Autriche 2022 de Formule 1.
Trois podiums sur les trois dernières courses pour Lewis Hamilton (©Christian Bruna)

En Autriche, la W13 ne rebondissait quasiment plus. En d’autres termes, l’Étoile semble avoir trouvé une solution au problème de taille qui l’empêchait de débloquer le potentiel de sa monoplace. Sur le Paul Ricard, Mercedes retrouve un circuit au profil qui a souvent souri à ses voitures, avec de nombreuses courbes rapides et une piste très lisse. Il faudra se méfier des limites, qui ont rendu la vie difficile aux pilotes (notamment Hamilton) à Spielberg. Mais sur le papier, l’écurie a les cartes en main pour venir embêter les équipes de pointe.

Briller à domicile : la mission des Français

Les pilotes français vont avoir fort à faire devant leur public. Avec une tribune dédiée pour chacun d’eux, il faudra que les encouragements leur permettent de se surpasser. Chez Alpine, Esteban Ocon est sur une bonne dynamique : malgré son abandon à Silverstone, le Normand a terminé sixième au Canada, et cinquième il y a deux semaines, en Autriche. Cependant, Ocon n’a jamais marqué le moindre point au Castellet : il devra s’employer pour changer cette dynamique cette saison.

Chez AlphaTauri, en revanche, la donne est différente. Si Pierre Gasly a déjà terminé dans le top dix à la maison (notamment l’an dernier, avec une jolie septième place), le Rouennais connaît un exercice 2022 difficile, qui ferait presque oublier ses exploits des deux dernières saisons. Depuis sa très belle cinquième place à Bakou, Gasly n’a plus marqué le moindre point. Pire encore : sa voiture semble glisser en fin de classement, et les pilotes la considèrent comme la plus lente du plateau. Espérons que le Paul Ricard permette à Gasly de se remobiliser et de relancer sa saison.

Esteban Ocon se montre très régulier au volant de son Alpine en 2022, ici lors du Grand Prix d'Autriche de Formule 1.
Esteban Ocon fait preuve de régularité en 2022 (©Motorsport Images)

Mick Schumacher devra confirmer

Un septuple Champion du monde brille, le fils d’un autre également. Il y a trois semaines, Mick Schumacher n’avait pas marqué le moindre point en Formule 1. Aujourd’hui, l’Allemand en compte 12 (quatre marqués à Silverstone, huit en Autriche). Sa course à Spielberg, ponctuée par de nombreuses batailles et un rythme très solide, lui a valu le titre de pilote du jour.

En France, Schumacher retrouve le circuit sur lequel il avait obtenu sa première Q2 en F1. Un petit exploit compte tenu du niveau de sa Haas en 2021, bien qu’il n’ait pu défendre ses chances avec un crash en fin de Q1. Quoiqu’il en soit, l’Allemand avait convaincu durant les qualifications. Sur une piste qui autorise de nombreuses erreurs et au volant d’une monoplace qui semble apprécier les courbes rapides (en témoignent les performances sur les deux derniers week-ends), Schumacher visera de nouveau les points. Avec l’objectif de terminer sixième des constructeurs, comme l’a annoncé Günther Steiner le week-end dernier, un tel résultat est le minimum à atteindre pour les pilotes Haas.

Mick Schumacher a été élu pilote du jour du Grand Prix d'Autriche 2022 de Formule 1.
Mick Schumacher, pilote du jour en Autriche (©Motorsport Images)

En Formule 2, les Bleus devront performer

Un temps pressenti pour participer à la première séance d’essais du vendredi chez Alfa Romeo, Théo Pourchaire devra finalement se contenter de sa F2 sur le Paul Ricard. Désormais troisième du classement (puisque dépassé par Logan Sargeant en Autriche), Pourchaire est tout de même sur une série de deux meetings où il est parvenu à réduire l’écart avec le leader au classement, Felipe Drugovich. Sept unités reprises à Silverstone, deux à Spielberg : le Grassois remonte doucement, mais sûrement. À domicile, il faudra faire encore mieux. Pourchaire sait qu’il n’a plus vraiment droit à l’erreur, et la tâche s’annonce d’autant plus compliquée si Sargeant se joint à la lutte.

N’oublions pas Clément Novalak, qui disputera son premier meeting au Paul Ricard sous la nationalité française. Seizième du championnat, le coéquipier de Drugovich vit dans l’ombre du leader et a subi un lot de malchance assez peu croyable depuis le début de l’année. L’Avignonais n’a plus marqué depuis Barcelone, et l’attente se fait longue. Encore rookie, il est trop tôt pour tirer la sonnette d’alarme, mais le Castellet doit être le rendez-vous lors duquel Novalak affiche son véritable rythme, dans un week-end sans pépin si possible.

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