Les cinq plus belles victoires en Formule 1 de Fernando Alonso

Alors que le double Champion du monde fêtera ses 41 ans cet été, Fernando Alonso a connu une carrière bien remplie en F1. Et elle n’est pas prête de se terminer ! Revivons ensemble ses cinq plus beaux succès dans la catégorie reine.

Fernando Alonso dans sa McLaren lors du Grand Prix d'Europe de Formule 1 2007, sur le Nürburgring.
Alonso, maître des conditions changeantes du GP d’Europe 2007 (©McLaren)

#5 : Grand Prix d’Europe 2007

Le monde de la F1 se rappelle du Grand Prix d’Europe 2007, disputé sur le Nürburgring, pour la performance époustouflante de Markus Winkelhock. L’Allemand, au volant d’une très modeste (et même mauvaise) Spyker, surprenait tout le monde avec un choix de gommes pluie dès le départ (alors que la piste était sèche). Mais la petite écurie, qui voyait son pilote disputer son seul Grand Prix en F1, avait du nez : un véritable déluge s’abattait sur la piste quelques minutes plus tard, propulsant Winkelhock en tête.

Mais si cette performance prête à sourire, il ne faut pas oublier le véritable vainqueur de cette épreuve : Fernando Alonso. Dans sa McLaren, l’Espagnol prenait en chasse la Ferrari de Felipe Massa. Les conditions s’étaient calmées par rapport aux premiers tours, juste avant l’interruption de la course, où de nombreuses voitures sortaient dans le premier virage, donnant l’une des images les plus insolites que la F1 n’a jamais fournie. Hamilton, Liuzzi, Button ou encore Rosberg étaient piégés.

En piste, il fallait attendre le 11e tour pour revoir les gommes slicks. Pendant la majeure partie de la course, l’Espagnol se contentait de mettre la pression sur le leader, sans parvenir à le dépasser. Sa tentative d’undercut restait vaine. Mais dans les dix derniers tours, la pluie fut de retour : les pilotes chaussaient les intermédiaires pour un final qui s’annonçait fou. Et alors que le Champion du monde en titre se montrait plus à l’aise dans ces conditions, Alonso dépassait Massa à cinq boucles de l’arrivée dans une manœuvre virile. Une victoire qui ne lui a pas été offerte, remportée avec la rage de vaincre qu’on lui connaît.

#4 : Grand Prix de Hongrie 2003

Fernando Alonso, auteur d'un départ extraordinaire avec sa Renault lors du Grand Prix de Hongrie de Formule 1 2003.
Seul au monde lors du départ, Alonso réalisait l’envol parfait vers sa première victoire (©Ferrari)

Il faut une première à tout, et pour Alonso, le compteur de victoires fut débloqué en Hongrie, en 2003. Alors que l’Espagnol ne dispute que sa deuxième saison dans l’élite (après celle de 2001 chez Minardi, qui avait été suivie d’une pause d’un an), Alonso a déjà prévenu la concurrence. À Budapest, il signait sa deuxième pole en carrière, et contrairement à la Malaisie quelques mois plus tôt, le Taureau des Asturies allait réussir à la convertir.

Alonso réalisait un départ sensationnel depuis son emplacement et prenait déjà de l’avance sur ses poursuivants, lui qui souhaitait se mettre à l’abri d’entrée de jeu. Il faut dire que les principaux prétendants au titre, Juan Pablo Montoya et Michael Schumacher, se situaient plus loin. Alonso pouvait d’ailleurs compter sur la modeste Jaguar de Mark Webber, en deuxième position, pour créer un bouchon et lui permettre de s’envoler.

Finalement, l’Espagnol perdait les commandes pour seulement un tour, mais Kimi Räikkönen ne fut pas une véritable menace. Si le scénario de la course n’était pas extraordinaire, c’est avant tout l’incroyable gestion de la part d’un si jeune pilote qui sortait de l’ordinaire. À 22 ans et 26 jours, et alors qu’il n’avait que 29 Grands Prix dans les pattes au départ, Alonso devenait le plus jeune vainqueur de la discipline (un record qui sera ensuite battu par Sebastian Vettel, puis Max Verstappen). Une étoile était née, bien que tout le monde l’avait vue venir.

#3 : Grand Prix de Malaisie 2012

Fernando Alonso lors du Grand Prix de Malaisie 2012, sous la pluie, au volant de sa Ferrari.
Alonso sur une autre planète en Malaisie, en 2012 (©DR)

Comme sur le Nürburgring en 2007, ce Grand Prix a été perturbé par la pluie. Comme en Allemagne, cette course à Sepang voyait un pilote inattendu se révéler. Et comme il y a cinq ans, c’est Alonso qui finissait par s’imposer, presque dans l’ombre !

Dans un début de saison fou qui voyait sept pilotes différents s’imposer sur les sept premières manches, Alonso sublimait une Ferrari qui n’était clairement pas au niveau. Huitième sur la grille, l’Espagnol était simplement dans une autre galaxie ce jour-là. Après le passage aux pneus pluie, le Grand Prix de Malaisie était interrompu pendant près d’une heure, à cause d’un véritable déluge sur Sepang.

Finalement en gommes intermédiaires, Alonso remontait jusqu’aux commandes du Grand Prix avant de creuser l’écart sur un certain Sergio Pérez. Le Mexicain lançait sa remontée après le 30e tour, au point d’inquiéter le leader. Grâce à un arrêt exécuté au bon moment, Alonso conservait la tête, mais l’Espagnol devait également compter sur une erreur de Pérez pour remporter le Grand Prix. Dans une voiture qui n’était pas censée jouer aux avant-postes, Alonso décrochait la première victoire de Ferrari en 2012. « C’est la grosse surprise, notre victoire », s’exclamait le vainqueur à l’arrivée. « Nous n’étions pas compétitifs en Australie, nous ne l’étions pas ici. Nous avons maximisé le potentiel qui était entre nos mains. Félicitations à l’écurie. »

#2 : Grand Prix de Saint-Marin 2005

Fernando Alonso (Renault) devant Michael Schumacher (Ferrari) lors du mythique Grand Prix de Saint-Marin 2005 de Formule 1, à Imola.
Duel au sommet entre cadors ! (©XPBCC)

La légende d’Alonso s’est notamment écrite avec ses luttes face à Michael Schumacher, véritable ogre de la Formule 1. Le pilote espagnol restera celui qui aura mis fin au règne du Baron Rouge, lui qui avait enchaîné cinq titres de suite (un record) avant de se voir chiper sa couronne à deux reprises par le Taureau des Asturies. Et si cette rivalité devait être résumée en une seule course, il n’y aurait pas meilleur exemple que le Grand Prix de Saint-Marin.

Avec l’abandon de Kimi Räikkönen en début d’épreuve, tous les regards se tournaient rapidement vers Alonso (parti deuxième derrière le Finlandais) et Schumacher, seulement 13e sur la grille mais sur un rythme totalement fou. À une dizaine de tours de l’arrivée, l’Allemand faisait la jonction avec l’Espagnol, et le duel au sommet pouvait commencer. Bien que les dépassements soient compliqués à Imola, la différence de rythme était si importante que tout le monde se demandait où Schumacher avalerait sa proie.

Mais Alonso ne l’entendait pas de cette oreille. Au volant d’une R25 aux pneus plus usés et au moteur moins performant, le Taureau des Asturies allait se montrer rusé pour résister. « Je savais que ma seule chance était de freiner un peu plus tôt afin de passer les virages en deuxième et d’être sûr d’avoir un peu plus de traction et réaccélérer plus tôt que lui. […] À la fin, j’avais deux retardataires devant moi et je ne voulais surtout pas les rattraper pour ne pas être gêné. Alors, je ralentissais dans tous les virages lents. » Une victoire qui allait montrer au monde entier qu’Alonso n’était pas fait comme les autres humains.

#1 : Grand Prix d’Europe 2012

Fernando Alonso a remporté la plus belle victoire de sa carrière en Formule 1 à Valence, lors du Grand Prix d'Europe 2012.
La plus belle victoire d’Alonso en carrière, à Valence, en 2012 (©DR)

Ce n’est pas nous qui le disons, mais bien le principal concerné en personne. Alonso place sa victoire à Valence, la 29e de sa carrière, comme la plus belle. Il faut dire qu’au-delà de la performance, c’est tout le contexte autour de cette course qui rend cette victoire aussi mémorable.

Après la victoire de l’Espagne à l’Euro 2012 et le nouveau sacre de Rafael Nadal à Roland-Garros quelques semaines plus tôt, les Espagnols pouvaient se rattacher au sport pour oublier, le temps d’une épreuve, la dure réalité de la crise économique qui frappait le pays de plein fouet. Alonso allait rajouter des étoiles dans les yeux de ses fans. Mais comment résumer ce Grand Prix d’Europe 2012 en quelques lignes ?

Dans les rues de Valence et toujours au volant d’une Ferrari malade, Alonso s’élançait depuis le 11e emplacement au départ. Trois rivaux dépassés à l’extinction des feux, des manœuvres viriles mais justes pour remonter et la débâcle de ses adversaires (abandons de Grosjean et Vettel, arrêt raté de Hamilton) : sur un circuit où les dépassements étaient rarissimes depuis son arrivée au calendrier, le local de l’étape s’installait sur le trône de la course de façon autoritaire. Le pilote marchait sur l’eau (du port de Valence), et menait un podium aussi inédit qu’historique, en terminant devant Räikkönen et Schumacher. « La plus belle victoire de ma carrière », partageait un Alonso ému à l’arrivée.

#Bonus : Grand Prix de France 2022

Le compteur d’Alonso s’est arrêté à 32 victoires depuis bien trop longtemps. Il est temps pour l’Espagnol de le débloquer, et si son Alpine n’est pas au niveau espéré avec ce changement de réglementation, le pilote est toujours capable de coups d’éclat, en témoigne sa première ligne acquise au Canada ou le tour de Q3 à Melbourne, qui aurait pu lui offrir la pole. Au Castellet, Alonso pourra profiter des lignes droites (là où sa voiture est le plus à l’aise) pour faire vrombir son moteur, sous les yeux des fans d’Alpine qui viendront en nombre. En espérant que ce paragraphe ne lui porte pas l’œil !


Passionné par la carrière de Fernando Alonso ou simple curieux avide de retracer le palmarès de l’une des figures emblématiques du paddock ? Retrouvez la biographie « Fernando Alonso, des Asturies à Alpine » publiée chez Talent Éditions en cliquant ici.

Lire aussi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close