Cinq Grands Prix du Canada qui nous ont marqués

Avec un 51e Grand Prix organisé en 2022, le Canada est le huitième pays à avoir accueilli le plus de courses de Formule 1. De quoi donner lieu à certaines éditions riches en spectacle !

Gilles Villeneuve, pilote de légende de Ferrari, a donné son nom au circuit de Montréal qui accueille le Grand Prix du Canada.
Sur un circuit maintenant baptisé à son nom, Gilles Villeneuve avait brillé sur son tracé en 1978 (©Sutton Motorsport Images)

8 octobre 1978 : la naissance d’une étoile canadienne

Connu à l’époque sous le nom de circuit de Notre-Dame, le Grand Prix du Canada va voir une nouvelle étoile illuminer la Formule 1 lors de son édition 1978. À l’époque, le circuit est le dernier d’une saison qui a déjà vu Lotus et Mario Andretti être sacrés champions. Sous le giron Ferrari, c’est Carlos Reutemann qui vise la victoire pour assurer sa place de vice-champion du monde.

Mais lors de cette après-midi, c’est son coéquipier Gilles Villeneuve qui va faire le show. Dans une première saison assez en retrait malgré un potentiel évident, Villeneuve s’élance à la troisième position, derrière la Lotus de Jean-Pierre Jarier et la Wolf de Jody Scheckter. Dans une première partie de course maitrisée, Jarier s’échappe lorsqu’au 25e tour, Villeneuve reprend la deuxième place du Grand Prix, malgré 25 secondes de retard sur le leader.

Finalement, la mécanique aura raison du Français qui laissera les commandes au Canadien. Sans souci et avec un meilleur rythme que la concurrence, Villeneuve signe sa première victoire à domicile, comme un symbole. Malheureusement, son destin tragique amènera le circuit à porter son nom quelques années plus tard.

13 juin 1999 : la légende du mur des champions

Michael Schumacher lors du Grand Prix de Formule 1 du Canada 1999, au volant de sa Ferrari. L'Allemand terminera sa course dans le mur des champions.
Michael Schumacher, aussi grand soit-il, fera partie des victimes du mur des champions (©DR)

Le fameux mur des champions, à l’extérieur de la dernière chicane, sera baptisé lors de l’édition 1999 du Grand Prix du Canada. Dans une atmosphère tendue pour le championnat du monde entre Ferrari et McLaren, Michael Schumacher s’empare de la pole position devant son rival Mika Häkkinen. Au départ, tout se déroule bien pour les meneurs, mais derrière, Jarno Trulli provoque un accident en percutant Rubens Barrichello et Jean Alesi, obligeant la voiture de sécurité à intervenir dès le premier tour. À la relance, c’est Riccardo Zonta qui fait en premier la connaissance du mur des champions.

La piste est glissante et les erreurs se multiplient. Damon Hill, dans sa Jordan, perd le contrôle et écrase sa monoplace dans le mur des champions. Le couronné de 1996 aurai préféré ne jamais faire partie du palmarès de ce virage mythique. Mais sous la pression de Häkkinen derrière lui, Schumacher connaît le même sort que Zonta et Hill. Une erreur rarissime de l’Allemand qui l’envoie directement dans son stand, provocant une nouvelle voiture de sécurité.

À la relance, Eddie Irvine et David Coulthard s’accrochent, laissant Mika Häkkinen seul en tête. Quelque boucles plus tard, c’est au tour de Jacques Villeneuve de faire sa rencontre avec le mur des champions. À domicile, le Canadien n’aura pas l’occasion de donner les premiers points à son équipe BAR. Finalement, dans un sujet maîtrisé de bout en bout, Häkkinen fut le champion des champions en remportant cette course précieuse pour son futur titre, devant Giancarlo Fisichella et Irvine.

10 juin 2007 : Lewis Hamilton, la première d’une longue série

La carcasse de la BMW Sauber de Robert Kubica après le crash du Polonais, lors du Grand Prix de Formule 1 du Canada 2007 à Montréal.
La carcasse de la BWM Sauber de Robert Kubica, l’image marquante de l’édition 2007 du Grand Prix du Canada (©Red Bull)

Pour le sixième Grand Prix de sa carrière, Lewis Hamilton s’élance en pole position devant son coéquipier double Champion du monde Fernando Alonso. Au départ, Nick Heidfeld tire profit de l’erreur de l’Espagnol pour se hisser au deuxième rang, laissant derrière lui la McLaren et les deux Ferrari de Felipe Massa et Kimi Räikkönen. Dans une course qui s’annonce riche en rebondissements, Hamilton s’extirpe du peloton.

Mais derrière, Scott Speed provoque la première voiture de sécurité, chamboulant les stratégies des uns et des autres. Felipe Massa et Giancarlo Fisichella sont disqualifiés pour ne pas avoir respecté le feu rouge à la sortie des stands sous la voiture de sécurité. Fernando Alonso et Nico Rosberg sont également pénalisés pour s’être arrêtés trop tôt sous régime de Safety Car. Les pilotes multiplient les erreurs, et c’est Adrian Sutil qui provoque une seconde voiture de sécurité en heurtant le mur.

A la relance, la lutte fait rage dans le peloton avec un classement totalement chamboulé. Robert Kubica passe à l’attaque sur Jarno Trulli, mais les deux pilote se touchent, envoyant le Polonais heurter le mur à plus de 200km/h. L’un des crashs les plus impressionnants de l’histoire de la F1. Malgré l’impact, il s’en sort miraculeusement sans blessure grave. Quand la course reprend, c’est au tour de Christijan Albers et Vitantonio Liuzzi de se faire surprendre, provocant deux nouvelles interventions de la voiture de sécurité.

Dans une course totalement folle qui ne laisse aucun répit aux équipes et aux pilotes, Lewis Hamilton ne craque pas et remporte la première victoire de sa carrière. Nick Heidfeld termine deuxième dans sa BMW Sauber, et Alexander Wurz complète le podium pour Williams. La belle histoire du jour sera signée par Takuma Sato, le Japonais terminant sixième dans sa modeste Super Aguri, avec un dépassement inimaginable sur la McLaren de Fernando Alonso dans les derniers tours. 

8 Juin 2008 : la première de Kubica, le doublé BMW

BMW Sauber signe le seul doublé de son histoire au Grand Prix de Formule 1 du Canada 2008, grâce à Robert Kubica et Nick Heidfeld.
Jour de gloire pour BMW Sauber, après leur premier et unique doublé en 2008 (DR)

L’édition 2008 du Grand Prix du Canada est l’une des plus bouleversantes. Le combat McLaren – Ferrari fait rage en haut du classement. Lewis Hamilton place sa McLaren en pole position devant Robert Kubica, très en forme depuis le début de saison dans sa BMW Sauber, pourtant un peu en dessous des top team. Le champion en titre Kimi Räikkönen est troisième.

Au départ, rien a signaler, Lewis Hamilton s’échappe en tête du peloton devant ses deux rivaux. Mais au quatorzième tour, la boîte de vitesse d’Adrian Sutil rend l’âme, provocant ainsi la sortie de la voiture de sécurité, ruinant les efforts du Britannique. Une première salve d’arrêts s’initie, voyant les cinq premières monoplaces passer par leur garage. Sous ce régime de voiture de sécurité, la voie des stands est alors fermée, mais seul Räikkönen et Kubica voient l’information et s’arrêtent au bout de la voie des stands. Hamilton, surpris, ne peut éviter le crash et percute le Finlandais, avant d’être lui-même harponné par Nico Rosberg. Un véritable coup de théâtre pour les deux favoris de cette course. Kubica évite de peu cet accrochage et peut reprendre la course, pendant que son coéquipier Nick Heidfeld profite de sa stratégie pour récupérer la première place. Les deux BMW Sauber sont alors les deux grandes favorites pour remporter ce Grand Prix.

Sur une stratégie décalée, Nick Heidfeld ne peut résister à son coéquipier, et à 29 boucles de la fin, c’est le Polonais qui récupère les commandes. Un dernier coup de théâtre survient quand au 45e tour, Fernando Alonso, troisième, percute le mur, laissant le champ libre à David Coulthard. L’Écossais signera son dernier podium en F1. Devant lui, il s’agit de l’unique doublé de l’histoire de BMW Sauber, ainsi que la seule victoire en carrière de Robert Kubica. Le Polonais répond de la meilleure des manières après son terrible accident de l’année précédente. Il reprendra très provisoirement la tête du championnat après cette course mouvementée.

12 juin 2011 : une victoire de dingue

Jenson Button remporte un Grand Prix de Formule 1 du Canada complètement fou en 2011, à Montréal, au volant de sa McLaren.
La victoire de Jenson Button en 2011 au Canada, sûrement la plus belle de la dernière décennie (©Peter J Fox Photography)

Dans l’une des courses les plus spectaculaires de l’histoire de la F1, le Grand Prix du Canada 2011 se déroule dans des conditions météorologiques dantesques. La course est lancée après quatre tours sous la voiture de sécurité. Sebastian Vettel conserve la tête devant Fernando Alonso et Felipe Massa. Derrière, les deux McLaren s’accrochent, Jenson Button envoie son coéquipier contre le mur, provocant l’abandon de Lewis Hamilton. Le champion du monde 2009 est ensuite pénalisé pour avoir roulé trop vite sous la voiture de sécurité et doit passer par les stands pour effectuer un drive trough.

La piste est séchante et plusieurs pilotes prennent le pari de passer en intermédiaire. C’était sans compter sur une pluie diluvienne qui s’abat sur la piste, obligeant la course à s’interrompre avec un drapeau rouge. Lorsque l’épreuve reprend après deux longues heures de pause, Vettel est toujours en tête devant Kamui Kobayashi et Massa. Le timing des arrêts au stands est crucial sous une piste de nouveau séchante. À la sortie des stands, Alonso et Button s’accrochent et l’Espagnol est contraint à l’abandon, pendant que le Britannique effectue son cinquième passage aux pits. 

La bataille fait rage dans le peloton, et les pilotes doivent exploiter tout leur talent. Michael Schumacher, à l’aise dans ces conditions, remonte petit à petit et se retrouve deuxième en profitant de la lutte entre Massa et Kobayashi. Les pilotes sont désormais en pneus slicks, mais la moindre sortie de la trajectoire est une mise à l’épreuve, en témoigne le pilote Brésilien, victime d’une touchette contre le mur après une tentative de dépassement sur Jenson Button. Nick Heidfeld est à la lutte avec Kobayashi pour le podium, mais les deux hommes s’accrochent, provocant une nouvelle intervention du Safety Car. 

Les cartes sont alors redistribuées pour la fin de course. Vettel, qui a dominé tout le long, se voit menacé par un Button en pleine confiance sur le sec. Et dans l’ultime boucle, l’Allemand commet une erreur, dont le Britannique ne se prive pas. Sur la ligne, c’est lui qui s’impose après six arrêts aux stands et deux remontées spectaculaires, devant un Sebastian Vettel malheureux. Mark Webber complète le podium devant Schumacher, auteur d’une formidable course sous la pluie. Plusieurs pilotes peuvent nourrir des regrets dans cette manche qui a laissé bon nombres d’opportunités. À ce jour, cette course reste la course la plus longue de l’histoire de la F1.

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