Les sept circuits les plus bizarres visités par la Formule 1

De longues lignes droites, de gros freinages et un secteur sinueux : beaucoup de pistes modernes de Formule 1 suivent le même schéma. Mais la discipline a également visité des circuits totalement hors du commun, presque bizarres. Voici les sept qui sortent du lot.

Le virage en banking de l'AVUS, à Berlin, circuit du Grand Prix d'Allemagne 1959.
L’effrayant banking de l’AVUS, qui lançait les monoplaces sur une ligne droite de 4 kilomètres (©DR)

Celui avec le moins de virages : l’AVUS ( 🇩🇪 / 1959)

On commence fort avec un circuit qui n’a accueilli la F1 qu’à une seule reprise… et c’est sans doute mieux ainsi. Si l’Allemagne est le pays à avoir deux des tracés les plus célèbres de la discipline (le Nürburgring et Hockenheim), elle a pu compter sur un troisième, en 1959 : l’AVUS (pour Automobil-Verkehrs und Übungs-Straße, soit « Route de circulation et d’essais automobiles »).


Lire aussi : Ces circuits qui n’ont accueilli qu’un seul Grand Prix de F1


Situé à l’Ouest de Berlin, l’AVUS était cloîtré au sein du mur, à quelques centaines de mètres de la frontière. Le circuit empruntait une autoroute sur une portion d’environ 4 kilomètres dans les deux sens, les tronçons étant reliés au sud par une épingle, et au nord par un grand virage en banking (et son angle vertigineux de 45°). Seulement quatre virages selon le décompte officiel, mais suffisant pour faire de la piste l’une des plus dangereuses de la discipline. La seule édition disputée dans le cadre du Championnat du monde de F1 vit la mort de la légende française Jean Behra dans une course annexe, disputée le jour des qualifications, sur une piste détrempée.

Le plus montagnard : Charade ( 🇫🇷 / 1965 – 1972)

Le départ du Grand Prix de France 1970 de Formule 1 sur le circuit de Charade, près de Clermont. Jacky Ickx était en pole devant Jean-Pierre Beltoise.
Le départ du Grand Prix de France 1970 à Charade, la montagne servant de tribune (©DR)

Avec ses sept circuits ayant accueilli la F1 (deuxième plus grand nombre derrière les États-Unis), la France se devait d’en placer un dans la liste des bizarreries visitées par la F1. Entre 1965 et 1972, le championnat se rendait à Charade, à l’Ouest de Clermont. Un circuit qui n’avait pas grand chose à voir avec l’AVUS : il comprenait 51 virages, était tracé à flanc de montagne et était jonché de roches et de cailloux volcaniques.

Les pilotes et les fans adoraient ce circuit, qui proposait un challenge unique avec un dénivelé important. Les montagnes offraient par ailleurs des points de vue naturels parfaits pour assister aux quatre Grands Prix de France qui s’y sont courus. Cependant, la sécurité allait être l’enjeu majeur des années 1970, marquées par de nombreux accidents mortels et la révolte de Jackie Stewart pour améliorer les conditions de pilotage. Charade fut notamment visé à cause des ravins en bord de piste, mais aussi pour ses cailloux, à l’origine de la perte d’un œil d’Helmut Marko. Le circuit fut retiré du calendrier et modernisé. Si elle a été raccourcie de moitié, la piste existe toujours et n’a rien perdu de son âme.

Le plus ovale : Indianapolis ( 🇺🇸 / 1950 – 1960)

L'Indianapolis Motor Speedway a accueilli la Formule 1 entre 1950 et 1960. Le seul circuit ovale emprunté par la F1.
L’Indianapolis Motor Speedway, seul ovale à avoir accueilli la F1 (©Pixabay)

Au-delà du circuit, c’est l’épreuve en elle-même qui était étrange. Durant sa première décennie d’existence, la F1 se rendait à Indianapolis, sur son ovale, pour y disputer les 500 Miles. Mais pas de n’importe quelle façon : la réglementation y était différente des courses en Europe, et les pilotes et écuries du Vieux continent ne s’y rendaient pas (sauf rares exceptions, comme Alberto Ascari et Ferrari en 1952). En d’autres termes, il s’agissait d’une course totalement à part de la F1, mais qui était tout de même inclue dans le calendrier pour justifier le statut de Championnat du monde (surtout avant l’arrivée du Grand Prix d’Argentine, en 1953).

Le circuit était donc totalement unique, puisqu’il s’agissait du seul ovale à avoir intégré le calendrier. Des qualifications basées sur une vitesse moyenne (et non pas un temps au tour, bien que le résultat final soit le même) à la distance de l’épreuve (500 Miles, donc 804,6 km, soit 300 de plus que les courses les plus longues de l’époque), le Speedway était un monde à part, déconnecté du championnat. La F1 se tournera peu à peu vers des circuits plus traditionnels (permettant d’homogénéiser le règlement), d’abord avec Sebring en 1959, puis Riverside. La catégorie reine reviendra à Indianapolis entre 2000 et 2007, sur le tracé routier.

Le plus déconnecté : Monaco ( 🇲🇨 / 1950 – présent)

Le circuit de Monaco a très peu changé au fil des années, et est une particularité du Championnat du monde de F1.
Nous y sommes habitués, mais Monaco est un circuit à part en F1 ! (©F1)

Seul circuit de cette liste encore présent au calendrier, Monaco est une vraie bizarrerie ! On ne peut pas imaginer une saison de F1 sans Monaco (bien que cela soit arrivé entre 1951 et 1954, puis en 2020), tant le circuit est intégré dans l’Histoire de la discipline. Mais si le tracé était arrivé au calendrier récemment, les fans se seraient probablement tirés les cheveux en découvrant son profil !

Du dénivelé, des courbes très lentes, un tunnel, des yachts, le tout réuni dans un espace extrêmement réduit… Monaco est complètement hors-temps, déconnecté de la F1 moderne et de ses tracés tous plus similaires les uns que les autres. Si les dépassements y sont trop rares, cela ne fait pas de mal de voir la F1 attachée à son histoire, sur un circuit qui n’est plus du tout adapté à ce qu’est ce sport aujourd’hui. Très peu modifié depuis sa création en 1929, la piste est aujourd’hui en danger et devra se soumettre à de nouvelles conditions pour garder sa place.

Celui qui ne savait pas choisir : Monza ( 🇮🇹 / 1955 – 1961)

À quatre reprises, le Grand Prix d'Italie de Formule 1 s'est déroulé sur l'ovale de Monza.
L’ovale de Monza est encore facilement visible depuis le ciel (©Commons)

Indianapolis, seul ovale à avoir accueilli la F1 ? Oui… mais non. Autre circuit à la longévité exceptionnelle (il a été présent lors de chaque saison depuis la création de la F1, sauf en 1980 pour des travaux), Monza a connu une période étrange, où le circuit que nous connaissons tous incluait une portion en forme d’ovale, avec ses virages surélevés.


Lire aussi : Cette époque où Monza était un ovale


Le départ avait lieu sur la ligne droite actuelle, et lorsque les pilotes bouclaient la Parabolica, ces derniers étaient lancés dans l’ovale, dont le premier virage commençait à l’intérieur de l’actuelle Variante del Rettifilo et passait par dessus la ligne droite de retour, entre les Lesmo et Ascari. Après avoir fait le tour du parc de Monza, l’ovale renvoyait les pilotes sur la ligne droite de départ pour repartir sur le circuit classique. Une version de 10 kilomètres (près du double du tracé routier) utilisée à quatre reprises.

Le plus dangereux : Nürburgring ( 🇩🇪 / 1951 – 1976)

Nico Rosberg et Lewis Hamilton en démonstration dans les fameuses Flèches d'argent sur la Nordschleife.
Rosberg et Hamilton en démonstration sur la Nordschleife (©Hoch Zwei)

Faut-il encore présenter le Nürburgring ? Visité pour la dernière fois en 2020, dans une saison au calendrier chamboulé par la situation sanitaire, la version moderne (ou Grand Prix Strecke) n’a pas grand chose à voir avec la Nordschleife, version visitée par la F1 entre 1951 et 1976. Le nombre de courbes varie selon les sources, le décompte officiel étant de 73. Avec un dénivelé de 300 mètres (et des pentes à 16%) et une longueur de 22,8 km, inutile d’expliquer son surnom : l’Enfer Vert.

Bien qu’il s’agissait d’un véritable test pour les pilotes, le circuit perdait peu à peu de son intérêt au fil des années. Tour trop long (et donc, difficile à transmettre à la télé) et sécurité au rabais : le Nürburgring se retrouvait dans une situation délicate à la fin des années 1970. L’accident quasi fatal de Niki Lauda en 1976 venait sceller le sort du tracé allemand, bien qu’il ne s’agisse pas de la raison de sa disparition du calendrier (il était prévu que son homologation ne soit pas renouvelée après cette date). Un monument de l’Histoire de la F1, accessible aujourd’hui aux touristes en manque de sensations.

Le plus long : Pescara ( 🇮🇹 / 1957)

La carte du circuit de Pescara, visité en 1957 par la F1, le circuit le plus long de l'histoire du championnat.
Dessin du tracé de Pescara, le plus long de l’histoire de la F1 (©Oscar Plada)

Beaucoup moins réputé mais dans le même style que la Nordschleife, voici Pescara. Cette liste commençait avec un circuit inscrit à une seule reprise au calendrier, et se termine avec un autre dans la même situation. Pescara, ville italienne située sur la côte adriatique, a accueilli son Grand Prix en 1957. Cette année était d’ailleurs la première à voir deux courses disputées dans le même pays, puisque Monza possédait également son épreuve.

Pourquoi ce circuit est-il étrange ? Tout simplement car il s’agit du plus long jamais visité par la F1. Avec un tour de 25,579 km, les pilotes ne disputaient que 18 tours… Ce qui correspondait tout de même à une course de 460 km ! En forme de triangle, le tracé comprenait deux lignes droites interminable, dont l’une était entrecoupée d’une chicane (la première artificielle en F1) pour tenter de ralentir les voitures. Le troisième « côté » du circuit était une portion sinueuse, qui arpentait la campagne italienne. Mais face à l’incapacité d’assurer la sécurité des pilotes et des spectateurs , l’épreuve fut rapidement abandonnée.

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