Que faut-il changer pour améliorer le circuit de Barcelone ?

Depuis des années, le circuit de Barcelone propose un spectacle bien triste. Sur les 22 dernières éditions, le poleman s’est d’ailleurs imposé à 17 reprises, soit cinq de plus qu’à Monaco ! Alors, comment améliorer ce circuit ?

Le départ du Grand Prix d'Espagne 2020 sur le circuit de Barcelone.
Comment rendre de sa superbe à un Grand Prix historique ? (©DR)

Supprimer l’ancienne chicane

Il s’agit de la solution évidente, réclamée par de nombreux fans (si ce n’est tous). Depuis sa construction en 1991, le circuit de Catalunya a subi plusieurs modifications, notamment aux virages 9 et 10 (ce dernier a d’ailleurs été élargi l’an dernier). Mais le changement le plus important a eu lieu en 2007 : le virage 13, autrefois très rapide, était resserré pour ajouter une chicane dans la descente vers la dernière courbe. Une adition de deux virages qui casse le rythme, augmente les écarts et rend les dépassements plus difficiles dans la ligne droite qui suit.

Son but était de ralentir les monoplaces avant ce dernier virage, dont la zone de dégagement commençait à devenir courte avec l’augmentation de la vitesse des voitures. Une solution aurait pu être d’agrandir le bac à gravier, mais les présences d’une voie ferrée derrière la barrière et de la tribune principale quelques mètres plus loin rendaient cette possibilité compliquée.

Aujourd’hui, le circuit n’est pas homologué pour retrouver l’ancien virage, ou du moins, une courbe rapide similaire qui permettrait de supprimer la chicane. Cependant, le circuit admet réfléchir à son retrait. Que cela signifierait-il ? Avec plus de vitesse dans le dernier virage, le phénomène d’aspiration prendrait vie plus tôt dans la ligne droite, permettant de voir (potentiellement) plus de dépassements au freinage du premier virage. Reste à savoir si de tels travaux sont possibles.

Modifier le devers des virages

Lance Stroll et Valtteri Bottas à la lutte lors du Grand Prix d'Australie 2022, à Melbourne.
Le tracé de Melbourne a modifié le devers de plusieurs virages, ce qui semble avoir porté ses fruits (©Motorsport Images)

Une autre option pour permettre aux voitures de mieux se suivre serait de modifier la cambrure des virages, en mettant en place un devers positif (avec un point de corde plus bas que l’extérieur de la courbe). Sans aller jusqu’à créer des bankings comme à Zandvoort, un tel changement permettrait aux pilotes de mieux se suivre dans les portions plus lentes, voire même d’adopter de nouvelles trajectoires.

Ce genre de modification a été réalisée sur le circuit de l’Albert Park, visité plus tôt cette saison lors du Grand Prix d’Australie. Si le tracé de Melbourne a subi de nombreux travaux, il semble que les voitures aient connu plus de facilités à se suivre par rapport aux éditions précédentes, avec plusieurs groupes se formant durant la course. Les virages 3, 6 ou encore 12 ont tous vus leur devers retravaillé. La conséquence de ces modifications, ou plutôt du changement de réglementation ?

Quoiqu’il en soit, ce type de travaux (qui seraient certes coûteux et difficiles à programmer sur un circuit très utilisé) ne pourraient pas réduire le spectacle : cela n’aurait que peu d’impact, dans le pire scénario. Le début du deuxième secteur (des virages 4 à 8) pourraient être concerné, tout comme la portion lente dans le stade, en fin de tour. Une idée qui n’a pas été envisagée par les propriétaires du circuit, mais qui pourrait fonctionner sur le papier.

Modifier la voie d’entrée des stands

La voie des stands du circuit de Barcelone Catalunya lors du Grand Prix d'Espagne 2020.
Et si la voie d’entrée des stands était modifiée ? (©Miquel Rovira)

L’un des problèmes majeurs de Barcelone est son impact sur les pneus. Souvent disputés dans des conditions chaudes, les Grands Prix d’Espagne de ces dernières années nous ont régulièrement offert des processions, les pilotes baissant volontairement leur rythme pour assurer une stratégie à un arrêt (et donc, sans s’attaquer durant la course).

S’il est impossible de modifier les conditions naturelles et l’identité du circuit, les écuries peuvent être incitées à multiplier leurs arrêts et à adopter des stratégies plus agressives. Cela peut passer par une modification de la voie des stands, afin de la rendre plus rapide. Dans ce cas, les pilotes perdraient moins de temps lors d’un arrêt, ce qui les handicaperaient moins sur une stratégie à plusieurs changements de gommes.

Aujourd’hui, l’entrée de la voie des stands est située juste après la chicane, forçant les pilotes à ralentir (encore plus). Il s’agit probablement de la pire position possible pour inciter les écuries à appeler leurs pilotes. Deux positions s’offrent alors à nous : reculer cette entrée (et la placer après le dernier virage), ou l’avancer (en faisant aller les pilotes tout droit au niveau de la chicane, un peu comme cela est le cas sur le circuit Gilles Villeneuve à Montréal). Cette deuxième option semble être la plus simple à mettre en place, et permettrait aux pilotes qui souhaitent s’arrêter de conserver de la vitesse au lieu de freiner fort dans la chicane. Loin d’être révolutionnaire, cette idée n’apporterait aucune garantie sur un éventuel meilleur spectacle, mais une telle initiative pourrait donner des idées aux écuries audacieuses…

Et si les voitures étaient enfin adaptées ?

Charles Leclerc sur le circuit de Barcelone Catalunya, lors des essais hivernaux de Formule 1 2022, au volant de sa Ferrari F1-75.
Charles Leclerc se réjouissait de la possibilité de suivre d’autres voitures après les essais hivernaux à Barcelone (©DR)

« Pour ce qui est du suivi des autres monoplaces, je dirais que de trois à une seconde derrière la voiture, on peut la suivre de plus près sans trop de mal. D’une seconde à une demi-seconde, je dirais que c’est similaire à la sensation que j’avais l’an dernier, et de cinq dixièmes à tout proche, c’est bien meilleur que l’an passé. C’est bien et c’est intéressant. Il faudra que je fasse plus de tours derrière une voiture mais ça semble bien pour le moment.« 

Tels étaient les propos de Charles Leclerc après la première salve d’essais hivernaux, tenue à Barcelone, en février dernier. Si nous mentionnons parfois les modifications souhaitées sur certaines pistes, il est toujours plus simple de changer une règlementation, chose qui a été faite cette saison. Et les pilotes se montraient plutôt satisfaits de leurs nouvelles montures, alors que celles-ci n’avaient été testées qu’à Barcelone.

Ce premier Grand Prix d’Espagne sous cette nouvelle ère sera donc capital : Catalunya est l’un des circuits sur lesquels se suivre était le plus difficile, et une course plus spectaculaire que par le passé prouverait le bon fonctionnement des F1 de 2022. Dans ce cas, d’éventuels changements de tracés ne s’avèreraient pas nécessaires. Patience !

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