Formule 4 France : où les stars françaises de demain s’illustrent

Jean-Eric Vergne, Pierre Gasly ou encore Anthoine Hubert sont passés par le championnat de France de Formule 4. Il s’agit souvent de la première catégorie de monoplace après le karting, et une étape incontournable vers la Formule 1. La finale 2021 s’est terminée ce dimanche à Magny-Cours, après une saison marquée par un incroyable duel. Coup de loupe sur ce week-end haletant.

Pierre-Alexandre Provost à Magny-Cours, pour la dernière manche de la saison 2021 de Formule 4 France.
La pré-grille, le moment de s’installer dans sa bulle, comme ici avec Pierre-Alexandre Provost (©Alex Hodicq / Turn One)

Dans le paddock de Magny-Cours, les têtes sont concentrées. Il est 16h. Dimanche 24 octobre, c’est la dernière course d’une saison de championnat de France de F4 faite de hauts et de bas pour les 16 pilotes engagés. Devant, Esteban Masson et Maceo Capietto se tiennent en quelques points pour le titre. Toute l’année, les deux Français se sont partagés les victoires. Il est désormais l’heure du dénouement.

Des projets différents, vers la Formule 1 ou ailleurs

La saison 2021 a commencé sept mois plus tôt, sur le circuit de Nogaro. Ce 3 avril, beaucoup des pilotes découvraient la monoplace. C’est le cas par exemple de Pierre-Alexandre Provost, qui concourait en tant que pilote junior (puisqu’âgé de 14 ans au coup d’envoi du championnat) : « Je n’avais fait que sept mois de karting. Donc c’était une grosse découverte. J’étais perdu au début. » Il obtiendra deux podiums, dont une victoire lors de son quatrième week-end.

Tous ont comme rêve d’accéder à la Formule 1. « La Formule 4 est l’outil le plus efficace pour apprendre. 90% des pilotes professionnels aujourd’hui sont passés par la F4 », insiste Amaury Richard, responsable du championnat à la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA). « Le championnat coûte autour de 115.000€. Ensuite, toute la partie technique est prise en charge, à l’exception des déplacements. Les voitures sont les mêmes et tout le monde a accès aux données des autres. Seul le pilotage fait la différence. »

Esteban Masson, champion de Formule 4 France en 2021, en pole à Magny-Cours.
Esteban Masson a signé les meilleurs temps des qualifications à Magny-Cours (©Alex Hodicq / Turn One)

Quatre mécaniciens, eux aussi en formation, sont attribués pour chaque pilote, qui tournent entre eux manche après manche. « Le but est d’offrir aux pilotes le championnat le plus équitable possible », ajoute Amaury Richard, ancien pilote de F4 lui aussi.

Libre aux pilotes d’aller s’entraîner à côté également. Noah Andy, septième au championnat, fait le bilan de sa saison : « Il y a une bonne ambiance. C’était une année riche en expérience et en apprentissage. » Ils le savent, tous n’iront pas en Formule 1. « Il n’y a pas que cette catégorie, même si c’est le Graal. Gagner sa vie par le pilotage, c’est déjà énorme », rassure Amaury Richard en prenant l’exemple du GT.

Entre les cours et les courses

Ces pilotes ont entre 14 et 18 ans, soit l’âge d’une fin de collège ou du lycée. Il faut aussi savoir jongler avec la vie de sportif de haut niveau, tout en continuant son parcours scolaire. « Il y a du sport-étude au Mans. Mais c’est un confort en plus. On peut parfaitement combiner le championnat avec le lycée à côté. » Isack Hadjar, 3e en 2020, en est un bon exemple. Pierre-Alexandre Provost a choisi le sport-étude : « C’était particulier. Je suis passé de rentrer chez papa-maman chaque soir chez moi au Luxembourg à un internat au Mans. »

Gaël Julien, Noah Andy et Daniel Ligier dans le paddock de Magny-Cours, pour la finale du championnat de Formule 4 France 2021.
Gaël Julien, Noah Andy et Daniel Ligier (©Alex Hodicq / Turn One)

Habitué avec une saison dans les roues, Noah Andy décrit l’organisation : « Quand c’est week-end de course, tout est concentré sur le meeting qui approche. Sinon, c’est deux heures de sport par jour. » Sa famille doit alors s’adapter, comme le confie sa maman présente dans les tribunes jusque dans les paddocks : « On se relaie avec mon mari pour accompagner Noah. On l’a emmené voir une course à 12 ans et depuis, c’est la révélation. Alors on le suit les week-ends.«  La place de la famille est très importante. Les jeunes pilotes viennent rarement seuls, notamment lors de la finale, où la famille de Maceo Capietto est venue groupée à Magny-Cours pour soutenir leur pépite. Il faut dire que ça joue gros dans la Nièvre.              

Une finale complètement folle

À égalité parfaite au championnat, Esteban Masson et Maceo Capietto luttent pour le titre en ce dernier week-end. Une rivalité qui s’est accentuée après un accrochage en Hongrie, troisième manche du championnat. Depuis, les deux pilotes ne se parlent plus. « Que le meilleur gagne », observe Amaury Richard, qui se prépare déjà à étudier les différentes réclamations posées par l’entourage des pilotes ce week-end.

Dès la première des trois courses, Maceo Capietto est victime d’un accrochage avec Daniel Ligier. Reclassé, le prétendant au titre terminera finalement quatrième, mais ne pourra empêcher son rival Esteban Masson de finir premier et prendre un avantage important pour le titre.

La deuxième course et sa grille inversée vont pourtant redistribuer les cartes. Auteur d’un bon départ, Capietto arrive rapidement à la deuxième place derrière Provost, qui se défend ardemment. Alessandro Giusti en profite, passe premier pour finir champion de France des juniors. Capietto termine deuxième. Derrière, Masson ne terminera pas le premier tour, touché avec Noah Andy. Tout se jouera donc à la dernière course.

Maceo Capietto à Magny-Cours, dernier meeting du championnat de France de Formule 4 France 2021.
Maceo Capietto, prétendant au titre, se sera fait un nom cette saison (©Alex Hodicq / Turn One)

La tension grimpe dans les paddocks avec quelques noms d’oiseaux échangés entre certains groupes. Masson part en tête, Capietto troisième. L’Australien Barter fera office d’arbitre. Masson ne prend pas de risque et contrôle, quitte à créer un petit bouchon derrière lui avec un top 5 inchangé et très regroupé. Dans le dernier tour, Capietto tente une manœuvre risquée, perd le contrôle et tente, selon lui, de passer entre Barter et Masson. Mais c’est son rival qu’il percute : les deux prétendants au titre sont dehors.

Dans les paddocks, c’est la grande interrogation. Dans l’état des choses, Maceo Capietto est titré. Mais sera-t-il pénalisé ? Pilotes, parents, observateurs : tous débattent encore après l’arrivée. Les voitures sont rangées, les stands commencent à se démonter, mais on ne sait toujours pas qui est champion. « Peu importe ce qu’il se passera, je suis très content de ma saison », relativise Esteban Masson en attendant la décision.

Finalement, vers 20h30, la nouvelle tombe : Capietto est exclu du meeting de Magny-Cours et Masson devient champion de France de F4. L’entourage de Maceo a fait appel. « Maceo est effondré dans le couloir des commissaires », indique son père Guillaume Capietto sur Twitter. « Maceo était champion FIA dans tous les cas et ne voulait surtout pas que cela finisse ainsi. Esteban est un grand pilote et même si il y a eu de la tension et des petites histoires, quoi qu’il arrive, c’est dommage de finir ainsi. »

Esteban Masson dans le paddock de Magny-Cours, après son titre de champion de France de Formule 4 2021.
Esteban Masson était satisfait de sa saison, mais déçu de son dénouement. Il apprendra dans la soirée qu’il est champion de France de F4 (©Alex Hodicq / Turn One)

Et après ?

Les deux pilotes et leur entourage le savent. Quel que soit le résultat, l’ensemble de la saison a suffi pour taper dans l’œil de recruteurs dans des catégories supérieures. « J’ai quelques pistes, mais on verra bien », avance Esteban Masson. En attendant plusieurs confirmations qui arriveront au courant de l’hiver, tous se concentrent désormais déjà sur la préparation pour la saison prochaine. « Et puis il y a aussi le bac de français », ajoute Pierre-Alexandre Provost qui, lui, poursuivra en Formule 4.

La monoplace en elle-même changera de visage la saison prochaine, avec l’apparition du halo, et sans doute de nouveaux exploits et de nouveaux talents.

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