Cinq Grands Prix de France qui nous ont marqués

Cette semaine, la France est à l’honneur avec le retour du Grand Prix au Paul Ricard. Une absence en 2020, qui ne s’est pas faite trop ressentir au vu du peu de spectacle que nous a offert “la French Course” en 2018 et 2019. Cependant, le Grand Prix de France fait partie des courses emblématiques du calendrier, avec des scénarios fous sur des tracés variés. Retour sur cinq éditions du Grand Prix de France qui nous ont marqués.

En 1953, les Maserati sont au combat face aux Ferrari sur le Grand Prix de France. Sur le point de faire tomber le règne de la Scuderia, Juan Manuel Fangio ne peut résister à Mike Hawthorn qui s'offre sa première victoire en F1.
Dans une autre époque, Ferrari était l’écurie à battre sur le circuit de Reims-Gueux (©Motorsport Images)

5 juillet 1953 : domination totale pour Ferrari

Retour dans une époque où la Scuderia Ferrari dominait outrageusement la catégorie reine, bien avant les années 2000. Dans une saison où le Cheval cabré était invaincu, le Grand Prix de France donnait de bons espoirs à Maserati, emmenée par son pilote phare Juan Manuel Fangio. L’Argentin, champion du monde en 1951, sent qu’une possible victoire est jouable sur le circuit de Reims.

Ses espoirs sont presque devenus réalité avant même le début de la course, lorsque Ferrari menace de déclarer forfait suite à leur exclusion des 12h de Reims. Finalement les monoplaces rouges prendront place sur la grille quelques minutes avant le départ. À l’extinction des feux, c’est José Froilán González, sur l’autre Maserati, qui vire en tête devant ses rivaux de chez Ferrari.

Le pilote argentin produit un effort colossal pour résister aux Rouges, tout comme son coéquipier et compatriote Juan Manuel Fangio qui reprend la tête de course au trentième tour. Le champion du monde ne veut pas céder, et livre une bataille intense avec Mike Hawthorn, le jeune Britannique de la Scuderia. Dans le dernier tour, alors que tout semblait scellé, le pilote Ferrari tente une ultime attaque dans le dernier virage. Il reprend la tête tout en signant son premier succès en F1, et permet au Cheval cabré de conserver son invincibilité de plus de 18 mois. 

1er juillet 1979 : Renault nouveau vainqueur devant un duel légendaire

René Arnoux et Gilles Villeneuve, dans une lutte acharné pour la deuxième place du Grand Prix de France. Ce duel marquera à jamais l'histoire de la F1, tant la bataille en piste fut intense jusqu'au bout.
Lorsque l’on parle du Grand Prix de France, il est impossible de ne pas mentionner ce duel au sommet (©DR)

En 1979, c’est le circuit de Dijon Prenois qui accueille le Grand Prix de France, pour la quatrième fois dans son histoire. Dans une saison âprement disputée entre les deux Ferrari de Jody Scheckter et Gilles Villeneuve, ainsi que l’inattendu Jacques Laffite au volant de sa Ford Tyrell, la manche tricolore va offrir un spectacle qui marquera à tout jamais l’histoire de la F1.

Les deux Renault de Jean-Pierre Jabouille et René Arnoux sécurisent la première ligne à domicile. Il s’agit d’un grand jour pour Renault, qui court toujours après son premier succès en Formule 1. Mais au départ, c’est bien la Ferrari de Gilles Villeneuve qui vire en tête, jaillissant devant les deux monoplaces jaunes. Cependant, en étant plus rapide que son rival de la Scuderia, Jean-Pierre Jabouille récupère la tête à la mi-course.

Renault s’envole vers son premier succès en F1, lorsque Jean-Pierre Jabouille franchit la première ligne, c’est la consécration pour le clan tricolore. Il s’agit de la première victoire 100% française en F1, avec la combinaison pilote, moteur, châssis et pneumatiques (Michelin). Cet exploit passera cependant au second plan, car derrière, pour la deuxième place, le combat opposant René Arnoux et Gilles Villeneuve est sensationnel. Roue contre roue dans les derniers tours, c’est le pilote Ferrari qui sort vainqueur en franchissant la ligne avec moins de quatre dixièmes d’avance sur la Renault, qui ne pourra pas offrir de doublé à son équipe. Une lutte encore considérée comme l’une des plus belles de l’histoire de la course, près d’un demi-siècle plus tard.

25 juillet 1982 : un quadruplé à la Française

Les Français rayonnent à domicile en signant le seul podium 100% tricolore sur le goudron du Castellet. Une performance qui ne sera pas réalisable cette année puisque seul deux Français sont présents sur la grille de départ.
Un podium 100% français lors d’un Grand Prix de France, un exploit unique ! (©DR)

Quelques années après le sacre tricolore de Jean-Pierre Jabouille, la F1 se rend désormais au Castellet pour accueillir le Grand Prix de France. Sur un circuit bien plus technique que ceux utilisés auparavant, les locaux sont parfaitement représentés puisque pas moins de six pilotes courent à domicile lors de cette manche. Mais le véritable engouement se crée déjà en qualification, lorsque quatre Français parviennent à se positionner dans les cinq premières places.

Une victoire Française semble donc inéluctable, mais c’était sans compter sur l’Italien Riccardo Patrese, en très grande forme dans sa Brabham BMW. Élancé en quatrième position, il s’empare de la première place dès le troisième tour avant de creuser l’écart. Mais rien ne semble pouvoir empêcher un succès français à domicile puisqu’au huitième tour, le pilote italien est contraint à l’abandon à cause d’un turbo défaillant. Nelson Piquet prend alors la tête à son tour avant de, lui aussi, abandonner pour les mêmes raisons que son coéquipier Riccardo Patrese.

Rien ne peut donc échapper aux Français qui signent un quadruplé historique, voyant les deux Renault de René Arnoux et Alain Prost devancer les deux Ferrari de Didier Pironi et Patrick Tambay. Il s’agit du seul quadruplé tricolore à ce jour. Un résultat inespéré sur les terres du Castellet, où l’ambiance sera contrastée sur le podium avec la colère d’Alain Prost, furieux que son coéquipier n’ait pas tenu son engagement de le laisser passer pour le championnat du monde.

27 Juin 1999 : l’exploit de Barrichello, la sensation Frentzen

Sous une pluie diluvienne, Heinz Harald Frentzen crée la sensation pour s'octroyer une belle victoire à Magny Cours. Ce succès, lui permettra de se repositionner dans la course au titre, même si cela restera insuffisant face à Mika Hakkinen et Eddie Irvine.
Même la pluie ne pourra pas arrêter Heinz-Harald Frentzen durant cette course complètement folle (©DR)

En 1999, Ferrari et McLaren se rendent coup pour coup au championnat du monde, voyant Mika Häkkinen et Michael Schumacher se battre ardemment pour le titre mondial. Sur le circuit de Magny-Cours, dans un week-end marqué par une météo capricieuse, c’est Rubens Barrichello qui empoche la pole position. Il s’agit de l’unique pole position d’une Stewart en F1. Il devance les deux Français Jean Alesi et Olivier Panis : une aubaine pour les tricolores, qui sont en difficulté cette saison. 

Au départ, le Brésilien conserve la tête devant Jean Alesi mais rapidement, Mika Häkkinen et Michael Schumacher se montrent pressants. Au milieu de la course, une pluie diluvienne s’abat sur la Nièvre, piégeant de nombreux pilotes comme Jean Alesi et Mika Häkkinen, pourtant en lice pour la victoire. Rubens Barrichello tente de résister jusqu’au bout, alors que la victoire semble désormais possible pour le Brésilien. 

Cependant la pluie chamboule les stratégies et tous les pilotes doivent effectuer un arrêt supplémentaire en fin de course, à l’exception de Heinz-Harald Frentzen. Le pilote Jordan, pourtant en difficulté avec sa boîte de vitesse, tente le pari d’un unique arrêt au stand. Une stratégie payante puisqu’il empoche sa deuxième victoire, se plaçant ainsi comme un concurrent pour le titre de champion du monde. Il devance finalement Mika Häkkinen et Rubens Barrichello, tous deux piégés par la pluie alors que la victoire était à leur portée.

21 juillet 2002 : le sacre de Michael Schumacher

Sans concurrence tout au long de la saison, Ferrari l'emporte symboliquement pour offrir à Michael Schumacher son cinquième titre mondial. Cette saison Ferrari obtiendra plus de point que l'ensemble du plateau réuni.
Garé derrière la McLaren de Räikkönen, c’est bien devant que Michael Schumacher terminera pour acquérir sa cinquième couronne mondiale (©DR)

Dans une saison 2002 outrageusement dominée par Ferrari et Michael Schumacher, le Grand Prix de France est la onzième manche d’un calendrier qui compte en compte 17. Sur le tracé de Magny-Cours, c’est Juan Pablo Montoya qui signe la pole position sur sa BMW Williams, devant la Ferrari de Michael Schumacher qui peut aller chercher son cinquième titre mondial dès cette course. Le Grand Prix s’anime avant même le départ lorsque Rubens Barrichello ne peut s’aligner, la faute à un souci d’allumage.

Les malheurs du deuxième pilote Ferrari peuvent faire le bonheur du premier, puisqu’en cas de succès, Michael Schumacher sera sacré champion. Au départ, Juan Pablo Montoya conserve la tête de la course. Mais comme souvent, les stratégies chamboulent le classement, et à ce petit jeu, c’est McLaren Mercedes qui s’en tire le mieux, voyant leur nouveau prodige finlandais Kimi Räikkönen filer vers sa première victoire en Formule 1. 

Mais à cinq tours du but, mis sous pression par le quadruple champion du monde Michael Schumacher, l’Iceman commet une erreur à l’épingle, laissant la Ferrari numéro 1 s’envoler vers la victoire. Sur la ligne, Michael Schumacher réalise l’exploit de remporter son cinquième titre mondial, rejoignant Juan Manuel Fangio, alors seul au sommet de la F1 à cette époque. Couronné après seulement onze courses sur dix-sept, il s’agit du titre le plus rapidement décerné dans un championnat du monde de F1.

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