Isack Hadjar : « Si tu n’as pas de sous, c’est mort pour toi »

Meilleur rookie en F3 Asie cet hiver, actuel troisième du championnat de Formule Alpine après sa belle victoire à Monaco, le jeune Isack Hadjar, 16 ans, fera parler de lui dans les prochaines années. Si seulement le talent suffisait pour arriver en Formule 3 FIA…

Isack Hadjar, quelques heures après sa pole position au Grand Prix de Monaco (@Alex Hodicq / Turn One)

Interview réalisé quelques heures avant sa signature avec la Red Bull Junior Team

« Moi, à 16 ans, je faisais encore du karting », lance Pierre Sincinéna, pilote LMP2 pour Alpine, à Isack Hadjar. Son protégé n’a pas perdu de temps. Pour sa première saison en Formule Renault European Championship by Alpine (FRECA pour les intimes) et sa première course à Monaco, le Parisien s’est qualifié en pole position avant de s’adjuger aisément la victoire sur un rythme fou et enfin d’assurer la deuxième place lors de la course 2, le lendemain. « J’avais merdé à Imola et j’étais un peu plus satisfait à Barcelone. Cette fois, la voiture était parfaite », se réjouissait Isack après ses qualifications, pour le plus grand bonheur de son coach.

Le rookie faisait déjà partie des pilotes à suivre dans ce championnat si relevé de FRECA. C’est pourtant un peu par hasard qu’il a découvert le karting. « Mon père faisait un peu d’endurance. J’ai voulu essayer aussi. J’ai essayé dans le karting de Porte-la-Chapelle, j’ai fait des courses l’été suivant et j’ai gagné ».

Un brillant parcours en karting puis en F4

Débarqué comme petit jeune en karting FFSA, il se fait remarquer en terminant devant plusieurs pilotes plus âgés que lui. « Je ne gagnais pas encore. J’étais trop petit« , déclare celui qui fait toujours partie des plus jeunes pilotes de sa catégorie aujourd’hui. En 2016, il termine deuxième du championnat cadet derrière son futur coéquipier de FRECA chez R-Ace GP, Hadrien David, avec deux victoires à son actif. Le voilà propulsé, en 2019, en monoplace dans le championnat de Formule 4 française.

Bilan d’Isack Hadjar à Monaco : pole, victoire puis deuxième ! (©FFSA)

Après une première année de découverte où il termine à une honorable 7e place, il échoue de peu au titre face au Japonais Ayumu Iwasa, désormais en FIA Formule 3. « Il était intouchable. J’étais parfois plus rapide que lui, mais c’est un excellent gestionnaire et il gérait parfaitement le trafic », analyse le franco-algérien. Toujours est-il qu’il veut prouver de quoi il est capable. Début 2021, on le retrouve déjà dans la catégorie supérieure grâce au championnat hivernal de F3 Asie. Rapidement, il épate la galerie en grimpant cinq fois sur le podium en neuf courses et en terminant meilleur rookie, face à des pilotes beaucoup plus expérimentés que lui comme Guanyu Zhou ou Jehan Daruvala.

« Mon expérience en F4 en France a beaucoup servi. C’était des monoplaces plus lourdes que les autres championnats, qui sont similaires à la F3 Asie »

Ces bonnes performances lui ont permis de décrocher plusieurs tests chez R-Ace GP. « On a réussi à débloquer du budget pour deux journées de tests sous la pluie et j’ai été pris« . Le voilà désormais vainqueur à Monaco avec l’écurie vendéenne, tout en suivant à côté ses cours de première scientifique au lycée pour devenir ingénieur dans le sport automobile. Au cas où…

Isack Hadjar a affiché un rythme décoiffant tout au long du week-end. Une performance qui n’est pas passée inaperçue dans le paddock de F1 (©Alex Hodicq / Turn One)

Un budget très important pour de très jeunes pilotes

La suite ? « J’espère courir en F3. Mais il faut trouver le financement« , se désole-t-il. Des paroles qui font écho à celles de Lewis Hamilton sur les ressources financières nécessaires en sport automobile. « Je sais que ma famille est plutôt aisée. Mais dans ce monde, nous sommes minables ». Isack craint de devoir abandonner tout espoir de grimper dans les échelons au-dessus par simple manque de fonds.

« Nous sommes plusieurs dans ce cas-là en FRECA. Ce n’est pas facile de se démarquer, contrairement au karting. Même quand tu es fort, si tu n’as pas de sous, c’est mort pour toi »

Voilà pourquoi sa victoire à Monaco possède une dimension particulière. Isack Hadjar espère avoir tapé dans l’œil de quelques observateurs. Un week-end bien choisi, puisqu’il s’agissait du dernier durant lequel la FRECA soutenait la Formule 1. D’autant qu’une victoire à Monaco, quelle que soit la catégorie, offre gloire et prestige. Pour le reste, il confie sa carrière à ses parents. « On doit gérer les sous alors qu’on a 16, 17, 18 ans. De mon côté, c’est ma mère qui trouve mon budget. Je ne sais pas comment elle fait, c’est impressionnant », explique-t-il.

Le pilote R-Ace GP se focalise désormais sur la suite de sa saison : « J’espère encore décrocher des podiums et terminer meilleur rookie« . Avec 70 points sur les trois premiers meetings, une place de troisième au classement général et la première dans celui des rookies (avec pratiquement le double de points sur son poursuivant, Gabriele Minì), le moins que l’on puisse dire, c’est que l’objectif est pour l’instant rempli.

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