Le top – flop du Grand Prix d’Espagne

Si les dépassements se sont encore faits rare en Espagne (bien que leur nombre a grandement augmenté par rapport à l’an dernier), c’est une bataille stratégique au sommet à laquelle nous avons assisté ! Le trio reste le même sur le podium, mais quelles sont les leçons à retenir de cette course ?

La Formule 1 est un sport qui se dispute à 20, et à la fin, c'est Lewis Hamilton qui gagne. Le Grand Prix d'Espagne en est la nouvelle preuve.
Même malmené, à la fin, c’est toujours Hamilton qui s’impose ! (©RMC)

Les tops

Le chef-d’œuvre stratégique de Mercedes

Jamais un Grand Prix d’Espagne n’avait été aussi indécis au départ. Dans le jardin de Mercedes (invaincue pour la pole depuis 2013), Max Verstappen parvenait à séparer les Flèches d’argent, avant de prendre la tête de façon musclée dans le premier virage. Incapable de suivre le Néerlandais, Lewis Hamilton a également subi l’undercut de Red Bull, le plaçant dans une situation délicate où la deuxième place était la meilleure issue possible.

Et pourtant, Mercedes a une nouvelle fois prouvé la raison pour laquelle elle s’approprie tous les titres mondiaux depuis 2014. Alors que le Britannique parvenait enfin à se rapprocher du leader de la course, l’équipe le rappelait au stand pour passer un troisième train de pneus. Un véritable pari stratégique qui n’est pas sans rappeler celui tenté en Hongrie, en 2019.

Et comme il y a deux ans, celui-ci a fonctionné. Sur un rythme détonant, Hamilton récupérait 23 secondes sur Verstappen dans le dernier tiers de course, avant de s’envoler vers la victoire. Si la monoplace du septuple champion n’est pas aussi dominatrice que les années précédentes, Mercedes continue à tourner chaque situation à son avantage. Et en fin de compte, ce sont ces détails qui pèseront dans la balance en fin de saison.

Charles Leclerc à son meilleur niveau

Charles Leclerc continue d'impressionner en 2021. Les erreurs de la saison passée ont fait place à une régularité parfaite.
Leclerc livre un début de saison phénoménale, qui redonne le sourire à des tifosi meurtris (©Twitter @Charles_Leclerc)

Derrière le trio habituel, Charles Leclerc a une nouvelle fois été brillant. Alors que les McLaren étaient moins en forme qu’à leur habitude, Ferrari devait absolument marquer de gros points pour réduire l’écart au championnat constructeur. Et c’est exactement ce que le Monégasque a fait.

Quatrième des qualifications, le pilote Ferrari a une nouvelle fois montré l’étendue de son talent dans cet exercice. Toujours hors de portée du trio de tête, Leclerc ne pouvait pas faire mieux. En revanche, c’est bien la course qui inquiétait le numéro 16, lui qui n’était pas persuadé de pouvoir maintenir ses poursuivants dans ses échappements.

Pourtant, Leclerc a fait mieux que ça : après un superbe dépassement sur Valtteri Bottas en début de course, le Monégasque n’a pu résister à la Flèche d’argent, tout en mettant à l’amende ses rivaux directs. Contrairement à l’an dernier, Leclerc n’est pas encore monté sur le podium. Pourtant, le pilote a déjà marqué 41% de ses points de 2020. Malgré une voiture incapable d’aller chercher la victoire à la régulière, le pilote répond présent et est loin d’être démotivé.

Daniel Ricciardo, enfin !

L'adaptation aura été compliquée chez McLaren, mais Daniel Ricciardo est enfin parvenu à battre son coéquipier en Espagne.
Ricciardo peut souffler : le travail a été fait ce week-end (©PlanetF1)

Grande déception de ce début de saison, avec un rythme largement inférieur à celui de son coéquipier, Daniel Ricciardo est enfin parvenu à équilibrer la balance, sur un circuit où il était important de bien se positionner au départ. Pour la première fois de la saison, l’Australien se classait devant son coéquipier.

Longtemps à la lutte contre Sergio Pérez, Ricciardo a livré une bataille acharnée pour maintenir sa position. Dans la deuxième moitié de course, et après un rappel à l’ordre des commissaires, le numéro 3 voyait la Red Bull s’imposer avec une magnifique manœuvre par l’extérieur. Mais qu’importe : sur un circuit révélateur de la hiérarchie de la grille, l’Australien a tenu son rang face à son coéquipier.

Le pilote a même eu sa « revanche » sur le message radio subi à Imola, où il devait céder sa place à son coéquipier. Cette fois-ci sur une stratégie différente de Lando Norris, Ricciardo a pu compter sur l’aide de son acolyte pour maintenir Carlos Sainz a bonne distance. Une bouffé d’oxygène nécessaire pour le pilote, avant un Grand Prix de Monaco où la confiance est le maître-mot.


Les flops

Red Bull, vraiment au niveau ?

Les erreurs ne sont pas nombreuses chez Red Bull, mais elles suffisent pour céder le trône à Mercedes, qui semble intouchable en cette saison 2021 de Formule 1.
Les erreurs de Red Bull commencent à peser dans la balance (©PlanetF1)

Avant le week-end, Red Bull faisait de nouveau office de favoris, avec de nombreuses améliorations apportées au Portugal qui devaient faire effet à Barcelone. Bilan du week-end : Max Verstappen P2 et Sergio Pérez P5.

Et après un tel scénario, difficile de considérer ce résultat comme rassurant. Verstappen est resté en tête de la course pendant plus de 50 tours, avant de devoir s’incliner face au rythme déjanté du fer de lance Mercedes. Red Bull s’est fait avoir, comme à Budapest en 2019. Une course qui aurait dû leur servir d’exemple. Une stratégie différente était-elle possible ? Il restait un train de gommes rouges neuf, mais de là à dépasser une nouvelle fois Hamilton par la suite… Cette question restera probablement sans réponse.

Toujours est-il que Red Bull rate encore le coche, et marque moins de points que ses rivaux. Sergio Pérez, seulement 8e des qualifications, n’a pas aidé et aurait pu être utile pour combattre la stratégie des Flèches d’argent. Depuis le début de saison, l’écurie de Milton Keynes commet peu d’erreurs, mais mises bout à bout, ces dernières commencent à être très coûteuses… Aujourd’hui, Verstappen compte 14 points de retard sur Hamilton. Côté constructeur, l’écart avec Mercedes est de 29 points. Monaco devra être parfait chez le taureau.

AlphaTauri poursuit son naufrage

AlphaTauri continue de réaliser des week-ends tronqués. Le point de la dixième place de Pierre Gasly et l'abandon de Yuki Tsunoda en Espagne ne sont pas les résultats attendus.
Le Grand Prix de Tsunoda n’aura duré que six tours (©Motorsport Images)

La petite sœur de Red Bull a également déçu ce week-end. Certes, Pierre Gasly a livré une fin de course phénoménale, lui qui était déchaîné pour remonter dans les points. La stratégie, elle aussi, a été au point, alors que des erreurs avaient été commises auparavant, notamment à domicile, à Imola. Pourtant, impossible de se satisfaire d’un tel résultat : un seul petit point, synonyme de dixième place.

La grosse déception de ce week-end (et peut-être même de la saison) est Yuki Tsunoda. Après un week-end conjugué au presque-parfait à Bahreïn, le Japonais s’effondre, enchaîne les erreurs et partage ses sauts d’humeur à la radio. Quant à ses déclarations après sa contre-performance en qualifications, elles ne passeront pas inaperçues : « J’ai un petit point d’interrogation pour savoir si nous avons la même voiture. Bien-sûr, c’est la même voiture, mais le caractère est tout simplement trop différent. » Le lendemain, Tsunoda abandonnait sur un problème technique, dans une course où les points semblaient trop éloignés.

Comme cité ci-dessus, Barcelone permet d’avoir une idée claire de la hiérarchie. Et si le résultat de ce Grand Prix catalan se confirme sur le reste de la saison, AlphaTauri aura de quoi être déçue après une campagne 2020 phénoménale. Mais l’an dernier, l’écurie de Faenza avait également connu un début d’année compliqué, avec seulement 13 points sur les quatre premiers meetings (contre 10 aujourd’hui). Espérons que les pilotes trouveront leurs ailes en cours d’année.

Aston Martin, vouée au fond du peloton

Aston Martin est la grosse déception de cette saison 2021. Pas dans le rythme de ses rivaux et incapable de marquer des points, l'écurie de Lawrence Stroll n'y arrive pas.
Aston Martin doit désormais regarder derrière (©Twitter @AstonMartinF1)

C’est la même raison mentionnée précédemment qui jette un froid sur l’écurie de Silverstone. Aujourd’hui, les deux Aston Martin ont terminé en dehors des points pour la deuxième fois consécutive : une première depuis juillet 2019. Et les éléments ne semblent pas tourner en la faveur de l’équipe…

S’agit-il de la plus grosse déception de la saison du côté des constructeurs ? Lawrence Stroll mettait en garde ses adversaires, mais aujourd’hui, ces derniers semblent être Alfa Romeo et AlphaTauri plutôt que McLaren et Ferrari. Sans compter que la signature du quadruple champion du monde Sebastian Vettel n’a pas encore eu le moindre effet : l’Allemand n’a pas marqué la moindre unité depuis l’ouverture de la saison, alors qu’il en comptait 10 en 2020 au même stade (ce qui était alors sa pire année depuis ses débuts).

Les modifications apportées aux monoplaces n’ont pas joué en la faveur d’Aston Martin cet hiver. Mais dans une course où les monoplaces vertes ont été incapables de lutter face à leurs rivaux supposés, l’addition est très lourde. Quand le cauchemar cessera-t-il ?

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