Les Français qui font la F1 : Anthony, commissaire de course à Monaco

La Formule 1 est un gigantesque cirque qui se déplace aux quatre coins du monde, et qui embarque avec elle des dizaines de milliers de personnes. Des pilotes aux journalistes, en passant par les personnes chargées de monter les infrastructures avant l’événement, le personnel impliqué est monstrueux. Et parmi tout ce beau monde, la course serait impossible sans les commissaires de course. Turn One a pu s’entretenir avec Anthony, qui exerce à Monaco, afin d’en apprendre plus sur ce métier passionnant.

Turn One : Bonjour Anthony ! Pour commencer, pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Turn One ?

Anthony : Bonjour à tous ! J’ai 34 ans, je vis à Vence dans les Alpes-Maritimes, à 20 kilomètres de Nice. Le reste de l’année, je suis agent d’escale à la SNCF.

Comment t’es venue cette passion pour la Formule 1 ?

Cette passion m’a été transmise par mon père et mon grand-père maternel. J’ai assisté à mon premier Grand Prix de Monaco à l’âge de 4 ans. Mon grand-père maternel a fait des rallyes dans les années 50 et 60, et j’ai moi-même fait du karting en compétition. J’ai d’ailleurs participé à quelques courses avec Nico Rosberg, dont un GP de kart à Nice, en 1996, sur le parking du Leclerc de Saint Isidore. De bons souvenirs ! Malheureusement, le budget était trop élevé pour continuer, et j’ai arrêté le kart à l’âge de 13 ans.

Tu es donc commissaire de piste lors du Grand Prix de Monaco. Depuis quand fais-tu ce métier ?

Disons que j’ai suivi les traces de mon père qui est devenu commissaire à Monaco en 1993. Pour ma part, j’ai commencé en 2004. Je suis également depuis peu commissaire sur les deux rallyes locaux : Monte-Carlo WRC et historique.

Comment as-tu commencé ? As-tu participé à des sélections ?

Pour devenir commissaire, j’ai juste envoyé une lettre à l’ACM (Automobile Club de Monaco, ndlr). Puis, j’ai participé à un stage de deux jours où il a fallu passer par tous les ateliers (feu, intervention, drapeaux) puis l’atelier “Gazelle”, un parcours physique éliminatoire à réaliser en moins d’1 minute et 45 secondes.

Les commissaires de course à Monaco sont considérés comme les meilleurs dans leur domaine. Et pour cause : les prétendants doivent passer par une série de tests pour évaluer leurs compétences.
À Monaco, les sapeur-pompiers entraînent les futurs commissaires de course en cas d’incendie (©Jean-François Ottonello)

Sur l’atelier « feu », on est formé par les sapeurs-pompiers de Monaco en personne. On fait face à une mise en situation d’un feu sur une monoplace à éteindre à plusieurs, à l’aide d’extincteurs. Pour l’atelier « intervention simulation d’un accident », il faut ramasser des débris et s’occuper de l’évacuation de la monoplace. Enfin, l’atelier « signaleur » consiste en une simulation d’une course, avec tous les cas de figures possible pour présenter les drapeaux aux pilotes. J’ai commencé en tant que commissaire feu puis signaleur (de 2008 à 2018) et depuis 2019 je suis commissaire intervention.

Quelles sont les missions d’un commissaire de piste ?

Chaque commissaire est donc affecté à un poste bien précis : feu ; intervention ; signaleurs. Il y a un chef de poste dans chaque équipe qui donne ses directives, ils ont un briefing tous les matins lors du week-end. Les signaleurs en ont également le jeudi, avant le début des essais (les EL1 et EL2 ont lieu le jeudi à Monaco, ndlr). La sécurité est primordiale pour nous et les pilotes. Nous devons respecter la devise de l’ACM : oser et servir.

Es-tu au même endroit du circuit chaque année, ou as-tu déjà changé ?

Entre 2004 et 2007, j’étais à l’entrée de la piscine, presque au niveau du plongeur côté terre. Depuis 2008, je suis chaque année à la sortie piscine toujours côté terre. Pour bien visualiser, c’est l’endroit où Max Verstappen est sorti en 2016 et 2018.

De quoi s’occuper ! Quel a été ton moment le plus marquant en tant que commissaire ?

Oh la la, il y en a beaucoup, mais si je devais en choisir un ce serait lors de ma première année, en 2004. En essais libre, Felipe Massa, sur la Sauber, fait un tête à queue en sortant du virage Louis Chiron sans rien toucher, et il se retrouve en sens inverse, juste devant moi. Il fait un 180 degrés pour se remettre dans le bon sens ! À l’époque, avec le V10, c’était incroyable ! Le sol avait tremblé sous mes pieds. C’était ahurissant !

Comment te prépares-tu avant le week-end du Grand Prix ?

Il n’y a pas de préparation particulière. Sauf peut-être pour les commissaires signaleurs auxquels on remet le règlement FIA, pour se rafraîchir la mémoire et surtout s’il y a des évolutions par rapport à l’année précédente.

Les commissaires de Monaco sont réputés pour être les meilleurs au monde. Qu’ont-ils de plus que leurs collègues sur les autres circuits ?

Je pense que l’ACM prépare au mieux ses commissaires avec ce stage. C’est ce qui fait notre force. Peut-être que sur d’autres circuits les stages ne sont pas aussi approfondis. Pour être honnête, je ne sais pas comment ça se passe dans d’autres pays. Mais j’ai fait commissaire aux 24 heures du Mans pour la première fois en 2019 et les personnes que j’ai pu rencontrer sont aussi très professionnelles.

Merci beaucoup pour tes réponses ! Pour terminer, quels conseils peux-tu donner à ceux qui souhaiteraient se lancer dans cette aventure ?

Être passionné parce qu’il faut se lever très tôt pendant le week-end de quatre jours. Mais aussi être rigoureux, méthodique, avoir l’esprit d’équipe et avoir de la bienveillance envers ses collègues commissaires. Parce que l’ACM est une belle famille !

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