Les Français qui font la F1 : Depielo

Pour ce deuxième volet de la série « les français qui font la F1 », Turn One a eu le plaisir de s’entretenir avec le YouTuber Depielo. Avec le seuil des 40 000 abonnés franchit il y a de cela quelques jours, il est le créateur de contenu francophone dédié à la Formule 1 le plus important sur cette plateforme. Que vous soyez amateur de jeu vidéo ou passionné de sport auto en général, vous trouverez votre bonheur sur sa chaîne.

Turn One : Salut Depielo ! Pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas?

Depielo : Je m’appelle Pierre-Olivier Valette de mon vrai nom, et je suis créateur de contenu professionnel sur Internet depuis un an et demi. J’ai commencé ma chaîne YouTube en 2015 en me disant que c’était quelque chose que j’avais envie de tester, j’étais arrivé à un point où je me posais beaucoup de questions parce que j’étais en école de commerce à cette époque et je ne savais pas trop vers quoi m’orienter. Je voulais aller vers les réseaux sociaux et j’avais envie de faire des vidéos sur Internet pour expérimenter ça. J’ai commencé avec une première saison avec Felipe Massa sur F1 2015, et je m’étais dit que j’irai au bout et qu’on verra ce qu’il se passera après, de toute façon je pourrai me dire que je l’ai fait. Et puis c’est parti en couilles (rires).

Et ça a eu le succès que l’on connaît aujourd’hui. En lançant ta chaîne j’imagine que tu ne t’attendais absolument pas à atteindre les 40 000 abonnés, si?

Le succès n’est pas arrivé tout de suite, ce genre de chose prend du temps, puis les chiffres doivent être mis en perspective. Quand tu fais 150 vues, tu te dis que ce sont 150 personnes différentes que tu fais rentrer dans un amphithéâtre et là tu te dis : “ah ouais quand même, ça fait beaucoup de personnes”. Aujourd’hui quand je vois les dernières grosses vidéos qui font 50 000 vues je me dis qu’on n’est pas loin de remplir un grand stade de foot”, on commence à se rendre compte du truc, on ne doit pas dire que des conneries, il faut divertir les gens, mais c’est un truc de fou. Est-ce que je m’y attendais, je n’en sais rien. Je pense que chaque créateur de contenu qui a envie de partager sa passion, à un moment donné, avec une certaine ambition, se dit secrètement : “j’aimerais bien atteindre 10, 20, 50 voire 100 000 abonnés”. Je pense qu’en France, le maximum atteignable est 100 000.

C’est pour cela qu’il faut mettre ton nombre d’abonnés en perspective : ton contenu est uniquement en français, centré sur la Formule 1, pour un public relativement jeune… C’est là qu’on se rend compte que c’est quand même énorme !

Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de personnes qui partagent la passion du sport auto en France, surtout il y a 4-5 ans. Le sport automobile français, c’était Romain Grosjean avec quelques podiums, il n’y avait pas de Grand Prix depuis des années et des années, Canal + venait de reprendre les droits de la F1… Il n’y avait plus la splendeur d’autrefois. La mort de Bianchi a, je pense, donné un petit coup de mou au public français, mais ça l’a aussi un peu boosté en se disant que d’autres allaient arriver, comme Gasly ou Ocon… De plus le sport auto, et encore plus la F1, est compliqué à comprendre pour un néophyte, avec toutes les règles, sans compter la tendance générale où les connaisseurs regardent les néophytes de haut, quelque soit le domaine. Ce n’est pas accessible, le sport automobile est une niche. En revanche, l’engouement pour les français, le retour du Grand Prix de France et le documentaire Netflix ont fait que beaucoup plus de gens s’intéressent à la F1 et aux sports mécaniques en général.

Pour rebondir sur ton actualité récente, tu étais à l’e-prix de Paris le week-end dernier, tu as également fait des vidéos sur l’Indycar ou la Formule 2, quelle est selon toi la meilleure catégorie de sport auto?

Alors je ne sais pas s’il y a une meilleure catégorie car elles sont toutes différentes et pas forcément comparables. Elles ont chacune leur utilité, elles répondent toutes à des attentes différentes. L’exemple le plus flagrant est celui de la Formule E, c’est plus un spectacle de type catch que du sport automobile pur et dur comme les 24 heures du Mans. La FE est extrêmement divertissante, il y a de l’action tout le temps, de la casse, des crashs, des batailles, des dépassements et tout ça au cœur d’une ville, entre les murs… Mine de rien, ça reste impressionnant, et je pense que ça fait adhérer certaines personnes qui trouvent cela divertissant sans être des fans hardcore de sports auto. En tout cas celles où je prends le plus de plaisir, ce sont les monoplaces en général. Quand je regarde de la FE ou de la F2, je me fais rarement chier (sic). J’aime bien regarder les formules de promotion pour voir les jeunes évoluer et ce qu’ils sont capables de faire à leur âge. En F1, que les saisons soient chiantes ou pas, je regarderai car je baigne dedans depuis tout petit. Mais ça ne m’empêchera pas de dire que telle course était chiante.

Beaucoup de gens me disent que je suis le top du top sur YouTube pour le sport mécanique en France, mais je n’ai pas mes entrées partout !


Tu as eu l’opportunité d’accéder à la salle de presse pour cet e-prix à Paris, est-ce que tes vidéos et ta notoriété sur YouTube t’ont permi d’avoir accès plus facilement à des célébrités dans le monde de la F1?

Pour la Formule E ce n’est pas du tout via ma chaîne YouTube que j’y suis allé. J’y étais pour le compte d’Au Rupteur, j’ai réussi à avoir un pass presse mais c’était assez laborieux. Beaucoup de gens me disent que je suis le top du top sur YouTube pour le sport mécanique en France, mais je n’ai pas mes entrées partout et les gens ont tendance à oublier cela. Même si je suis relativement connu sur YouTube, ce n’est pas le cas dans la F1 ou la FE en général. Pour le Grand Prix de France l’an dernier, j’y été avec Hydro, Jeff et toute la bande (les principaux YouTubers français, ndlr), on y est allé avec notre argent et on avait zéro contact avec l’organisation. Disons que depuis janvier 2019 je commence à avoir quelques contacts avec ce milieu, que ce soit en FE ou pour le Grand Prix de France, mais l’an dernier ce n’était pas encore le cas.

Tu parlais de Hydro, Jeff et la bande, on voit que vous êtes soudés. Vous vous concertez pour vos vidéos, pour savoir ce que vous pouvez faire, ou vous préférez travailler chacun de votre côté?

Généralement on travaille plutôt de notre côté, mais on prend des nouvelles des autres pour savoir ce que chacun fait, pour éviter les “clashs”. Il y a un timing qu’on respecte depuis pas mal de mois, même d’années : Hydro publie ses vidéos vers 19h30, Jeff c’est 20h et moi 20h30, on évite de publier les vidéos en même temps pour ne pas se “voler” notre audience. Il y a une règle tacite. Et parfois, quand on a un problème sur une vidéo, ou qu’on a une idée, des petits projets par-ci par là, on s’en parle ouvertement sans problèmes, on s’aide les uns les autres pour s’améliorer. Même moi il m’arrive de leur demander des conseils pour pleins de trucs, parfois je doute et il faut avoir des avis externes pour prendre du recul sur ce qu’on crée. On s’entraide vraiment, pas tous les quatre matins mais une fois de temps en temps ça ne fait pas de mal !


Les YouTubers anglophones doivent avoir 5 ans d’avance sur les francophones.

Et par rapport au YouTube anglophone du monde de la Formule 1, tu t’inspires d’eux, tu en regardes quelques uns ou tu es coupé d’eux?

Il y a une époque, au début, où je m’inspirais des YouTubers anglophones. Je ne voulais pas plagier, ce n’était pas une source d’inspiration mais quand j’ai eu mon idée en me lançant, ça avait l’air de marcher en Grande Bretagne, donc si je le fais en France peut-être que ça devrait fonctionner. Mais ça a plus été un filet de sécurité, surtout au début pour savoir si j’allais dans la bonne direction. C’est difficile de copier un anglophone et de le traduire comme Math Podcast, les blagues ne marchent pas forcément, le format d’Aarava ou Tiametmarduk ne vont pas fonctionner de la même manière. Il faut essayer de voir l’idée générale et le remettre à notre sauce avec notre propre vécu, notre culture et nos expériences pour créer quelque chose qui n’existait pas avant. Après, je continue de les regarder mais juste pour prendre la température, ils ne sont plus du tout une source d’inspiration. Ce n’est pas pour me comparer mais juste pour voir ce qu’ils font, si je considère qu’ils font des erreurs ou s’ils jouent un bon coup. Les YouTubers anglophones doivent avoir 5 ans d’avance sur les francophones, donc c’est intéressant de voir par là où ils sont passés, de ne pas répéter les mêmes erreurs et prendre des chemins qui n’ont pas été exploités, qui peuvent être plus intéressants.

Toujours par rapport à ta chaîne YouTube, tu es passé d’un contenu très “gaming” à des vidéos plus “documentaires”, pour présenter le sport, raconter des anecdotes… Qu’est-ce qui t’as poussé à prendre ce virage?

Je me suis rendu compte qu’un créateur de contenu évolue, et c’est le cas pour tout le monde. Le Depielo de 2019 n’est pas du tout le même que celui de 2015, il n’a pas les mêmes envies, les mêmes blagues, les mêmes intonations, les mêmes choses qui l’intéresse. C’est un peu ce qu’il s’est passé fin 2018, où j’ai failli arrêter YouTube pour être honnête. Après la sortie de F1 2018, je commençais à faire une vidéo par jour sur le jeu, j’étais réduit à ne vouloir faire que du chiffre sans vouloir m’arrêter, on se fait aspirer par le métier. Au final, on fait plus du contenu pour les vues que pour le plaisir, pour s’éclater. J’avais perdu cette notion, et j’en avais marre, les vues baissaient sur les vidéos et je ne voyais pas le bout du tunnel, on se demande pourquoi ça ne marche pas.

C’est un cercle vicieux finalement…

Exactement, on s’enferme dans ce cercle vicieux, c’est très difficile d’en sortir. J’ai demandé conseil à Jeff et Hydro, je ne voyais plus l’avenir de ma chaîne, comment j’allais m’en sortir. J’ai soufflé pendant une semaine, sans vidéo ni réseaux sociaux, je me suis remis en question pour réfléchir sur ce que je voulais faire. Et je me suis dit que je devais faire moins de vidéos. J’avais peur de me dire : “je dois faire une vidéo par jour pour faire 5000 vues”. Il faut savoir que j’ai une pression financière, je suis à mon compte désormais et si je ne ramène pas d’argent, je ne mange pas le soir. Maintenant je me dis que si je fais 3 vidéos par semaine sur lesquelles je prendrai du plaisir, je ferai peut-être plus de vues. Et c’est ce pari là que j’ai fait début 2019, en faisant moins de vidéos mais avec un contenu plus intéressant, plus travaillé, je me disais que je ne perdais rien puis j’ai acquis beaucoup d’expérience sur YouTube donc je pourrais trouver quelque chose d’autre facilement. Non seulement j’ai eu une bouffé d’air parce que ça m’a obligé à bosser mes vidéos, en terme d’écriture, de recherches, de production, et j’ai pris du plaisir à faire ça. Et ça a plutôt bien marché vu que le plaisir a été communicatif ! J’essaye quand même de garder cet aspect gaming, c’est l’essence de ma chaîne. D’ailleurs je ne suis plus catégorisé comme une chaîne gaming sur Social Blade, je suis désormais référencé comme chaîne auto moto ! C’est donc un tournant que j’ai pris et qui me plaît pour le moment.

On parle de cette communauté qui grandit. YouTube représente un public plutôt jeune pour la F1, penses-tu que le jeu vidéo est une bonne porte d’entrée pour la F1 en vrai ou penses-tu qu’il faut d’abord s’intéresser au sport pour accéder à ton contenu?

Les gens qui sont fans de Formule 1 depuis des années auront beaucoup plus de mal à être converti vers un jeu vidéo, vers du simracing (compétitions de simulation de sport auto, ndlr) car ils trouveront cela idiot de faire les F1 eSports. Ce que je comprends très bien car ce n’est pas facile de passer du réel au virtuel. A contrario, beaucoup d’abonnés jeunes et moins jeunes ont commencé à regarder mes vidéos sur les jeux de F1, et se sont intéressés au sport par la suite, ils sont fans aujourd’hui. Je pense qu’il est plus facile de s’intéresser à un sport par le jeu vidéo, surtout pour le sport mécanique, car cela permet de mieux comprendre les règles, c’est plus facile d’accès, plutôt que de regarder des documentaires, des courses… Sur le jeu nous sommes acteurs.


Pour moi, le paddock de la F1 c’est comme Louis XIV et ses courtisans de Versailles : ils restent entre eux, ils font les choses entre eux et restent dans leur château.

J’allais continuer sur le jeu vidéo en parlant des F1 eSports, sujet évoqué dans tes vidéos. Cette compétition a commencé en 2017, et d’un point de vue extérieur on a l’impression que ça a du mal à décoller, malgré l’augmentation du cash prize et l’implication des écuries de F1. Quel est ton point de vue sur les F1 eSports et leur futur?

Si on ne parle que des F1 eSports, je dirai que ça a été fait à la va-vite. Sur F1 2017, ça a été bâclé même si on a eu une très belle compétition avec beaucoup de spectacle. J’ai eu deux trois choses de l’intérieur et honnêtement, F1 2017 avait déjà un mode en ligne sacrément bogué, on se posait la question si ça n’allait pas crasher en plein milieu du live… Ceci dit il fallait mettre le pied à l’étrier, la F1 est un vieux sport très élitiste, pas digital il y a encore 5 ans, donc il fallait bien s’y mettre à un moment donné. Ils ont dû faire ce qu’ils ont pu. 2018 était mieux, même si ça a encore été très spécialisé F1. Pour moi, le paddock de la F1 c’est comme Louis XIV et ses courtisans de Versailles : ils restent entre eux, ils font les choses entre eux et restent dans leur château. Beaucoup de choses ont été faites en 2018, qui restent finalement dans l’ombre : on n’a pas bien compris le système de repêchage par exemple. C’était bizarre, mal amené, on ne comprenait pas ce que certains pilotes faisaient ici… Le dispositif va rester le même en 2019, juste un peu plus gros pour avoir plus d’envergure. Pour l’avenir, je vois un horizon à moyen terme : il y aura une compétition pour les prochaines années, mais ça restera plus un spectacle qu’une véritable compétition, que de la simulation pure et dure. Je ne saurais pas dire quel avenir pour les F1 eSports, mais ça va grossir de plus en plus, c’est sûr.

Et par rapport à la Formule 1 réelle, quel est ton point de vue sur l’avenir? Sur quels critères la FIA doit-elle impérativement se pencher pour 2021?

Aujourd’hui le plus gros problème n’est pas forcément le règlement, c’est le coût d’une saison pour une écurie et l’argent qu’il y a en F1. J’ai l’impression qu’on n’est pas loin d‘une bulle financière autour de la F1, surtout quand on regarde d’autres catégories. Que ce soit l’Indycar ou la FE, ces catégories coûtent 100 fois moins cher, si ce n’est plus, pour des audiences qui ne sont pas autant éloignées les unes des autres. La Formule E a énormément gagné en audience, coûte beaucoup moins cher et c’est pour cela que de nombreux constructeurs se dirigent vers la Formule E. Aujourd’hui on passe par media metrics pour faire des échantillons, finalement on n’a pas toute la population. Avec les moyens d’aujourd’hui nous pourrions avoir l’audience exacte, et en passant ce cap on saura qui regarde quelle catégorie. Et payer 50 millions par saison pour coller son autocollant sur une Mercedes coûtera moins cher en Formule E pour les mêmes retombées. Cela me fait un petit peu peur, et met en danger la catégorie plus qu’un règlement. Le règlement c’est pour le spectacle, certaines saisons le règlement était à chier (sic) mais la saison était fantastique. On en est à une période où les équipes se resserrent de plus en plus, en terme de performances, et on va avoir un nouveau règlement qui va tout chambouler et qui va désavantager les structures qui ont moins d’argent, moins de moyens pour travailler sur ce nouveau règlement. Le problème de la F1 est financier, pas sportif.

On parle souvent d’une création de limite de budget en F1, tu vois ça de quel oeil?

C’est une fausse bonne idée. Bernie Ecclestone disait qu’on ne peut jamais empêcher quelqu’un de dépenser son argent. Quoiqu’il arrive, les gens avec de l’argent le dépensent, c’est comme ça, c’est humain. On peut mettre un plafond budgétaire en disant qu’il ne faut pas dépenser une certaine somme sur la voiture, le reste sera dépensé sur des infrastructures ou des technologies autour de la voiture. Elle sera construite avec moins d’argent mais conçue avec plus, de manière beaucoup plus efficiente. Donc le plafond budgétaire est une fausse bonne idée, je n’ai pas la réponse à ça et je ne sais pas comment résoudre un problème comme ça. Le plafond peut être une solution si c’est ultra surveillé, comme les souffleries aujourd’hui où un compteur est relié à la FIA et où chaque équipe a droit à un certain temps de soufflerie par an. Pour des budgets c’est beaucoup plus compliqué, il y a beaucoup de choses à prendre en compte.

Entretien réalisé le mardi 30 avril

Une des dernières vidéos de Depielo, qui nous permet de tout comprendre sur la Formule 2 : règlement, grille, monoplaces…

Cliquez ici pour accéder à la chaîne YouTube de Depielo !

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2 réflexions sur « Les Français qui font la F1 : Depielo »

  1. Le youtubeur bien que très documenté sur le sujet, semble être obligé de nous dispenser son discours à la vitesse de la F1 ?
    Pourquoi parler si vite ?
    Au bout de10mn tu décroches, le débit est tel que mes oreilles et ma cervelle prennent plus de G que dans la plus belle courbe du Castelet !
    Il est pressé de partir ? Où
    il est payé au rendement !
    Quel dommage !,
    Sa vidéo sur Senna est tellement bien et son point de vue très juste.
    Je regarderai à nouveau quand il sera calmé.

    J’aime

    1. haha
      Il fait de la F1 en simu, à force, son cerveau marche à grande vitesse. C’est mon cas aussi. Je suis pire en fait. Je dois aller plus vite que lui sur un circuit qui sait… lol
      Ralentis le débit de la vidéo à 0.75, ce sera parafait.

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